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Archive for the ‘Nulla dies sine linea’ Category

L’énigme ne quête aucun dénouement : elle conduit à un vertige accru et redouble en nous les questions. Le sens est une fiction. Toujours. Il n’est pas davantage de but que de sens dernier. Mais la fiction est cette construction qui ouvre à la possibilité d’un sens. Rencontrer autrui sur la signification d’un texte, d’une phrase, d’un mot, relève du miracle. Mais ce miracle est probable.

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Nous ne nous parlons pas. Nous nous efforçons de sortir de nous-mêmes un tout petit peu. En vain. Le don de l’écriture comble parfois le gouffre ; le présent de la lecture y parvient moins rarement. Il n’est de conversation qu’avec les morts ou les livres. Quitter l’inessentiel est en question. La sérénité est toujours une preuve.

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Qui place la raison au-dessus de l’intelligence, non seulement se trompe, mais se montre poreux aux plus grands dangers.

 

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Villes

Une ville, c’est l’occasion et la trace du génie humain démultipliées, partout.

– Malheureusement il y a les hommes, en ce lancinant pluriel qui ne cesse de les expulser d’eux-mêmes, toujours.

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On pense seul. Toujours. Penser excommunie. La pensée est l’acte le plus antisocial qui soit. Socrate est condamné ; Lucrèce se donne la mort. Toute pensée est à la fois dangereuse pour qui l’émet et pour qui la reçoit. Peu se trouvent dans l’un ou l’autre de ces cas. Tout est mis en place aujourd’hui pour que l’on ne pense plus. Le Gros Animal peut dormir tranquille, qui a rendu cet acte obsolète, obscène, immoral, impardonnable. La Société ne pardonne pas à l’asynchrone.

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Citer, ce n’est pas se payer de mots, c’est apporter des arguments ; le Temps est prodigue. C’est aussi sortir de ce « je » qui est à jamais autre – et ne serait rien sans ces autres que l’on cite.

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Comme cela serait reposant si l’on pouvait mourir de temps en temps!

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Toute citation est un bulletin de santé, une autobiographie, un signe, une conjuration, un présage.

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Jouer avec les mots n’est pas se jouer de leur sens.

Au nihilisme violent, souvent sans nuances, de l’anarchiste, je préfèrerai toujours de loin l’horizon joyeusement désespéré du libertaire. L’élan libertin, l’effort toujours recommencé ont une saveur que ne connaîtra jamais la passion destructrice. Une rose trempée dans du vin est plus délectable qu’un bâton de dynamite. Il ne s’agit pas de transiger et encore moins de se résigner. Le style est une éthique. Le rire a des vertus, des degrés, des couleurs, que le ricanement lamine aussitôt. Pour répondre aux malédictions du labyrinthe, le libertaire invente des échappatoires cependant que l’anarchiste ne vocifère que ce mot : « Incendie! Incendie! » Peut-être aussi faut-il laisser les damnés profiter des bienfaits de l’enfer et du commerce avec les démons. Nous ne sommes pas coupables, nous refusons d’être victimes. L’adverbe que nous prisons est autrement.
Le passé est une cache d’armes.
La Gnose, un projet d’avenir.
En nous se dissimulent toutes les réponses.
Ne te quaesiueris extra.

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Nous hantons parfois les mêmes champs de bataille. Je regarde pour ma part comme essentielles les raisons pour lesquelles nous nous y battons.

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