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« Celui qui fuit une occasion de s’instruire est la lie de l’humanité. »

Pline l’Ancien

« Les nations n’ont de grands hommes que malgré elles, – comme les familles. Elles font tous leurs efforts pour n’en pas avoir. Et ainsi le grand homme a besoin, pour exister, de posséder une force d’attaque plus grande que la force de résistance développée par des millions d’individus. »

Charles Baudelaire

« Nous étions les derniers êtres conscients dans ce monde qui les avait trop choyés et nous devinions qu’il allait disparaître, sans pressentir que nous n’étions pas nés pour lui survivre, mais plutôt destinés, ses ruines une fois relevées, à la misère, à la dérision et à l’oubli. »

 
Roger Caillois

Recommencer à lire, c’est redonner au corps sa vraie place, c’est le raccorder au diapason d’une vie supérieure, art et armure. Découvrir un grand livre relève de la résurrection. Les nerfs me font mal ; ma nuque est une boule d’aiguilles vivantes et mes reins sont une tonne en fusion ; les drogues m’assomment ; mon bras d’écriture est mort – et cependant, je vais plus vite que vous, mortels abstèmes de beauté et apostat des divines ivresses. Les visions adviennent. Le rire déborde ce qui le menace. Une joie sans nom est à l’oeuvre. Les mots se cachent, mais leurs traces sont là. Ô le lieu et la formule!

« Les forteresses vides sont peuplées de ce qui les hante. »

Liliane Guisset

« Ces enfants dont je n’ai pas voulu, s’ils savaient le bonheur qu’ils me doivent ! »

Cioran

« La langue unique a disparu au profit d’une multitude de langues qui recouvrent les diverses branches de la spécialisation. Mais quand l’homme moyen ne travaille pas, quelle langue utilise-t-il ? Alors que dans son travail il adopte une langue grotesque, fort comique, mais parlée le plus sérieusement du monde, durant ses loisirs, il parle une langue mortellement triste dont il use sur le mode badin. Son langage quotidien est triste, parce qu’il n’est ni choisi ni hérité, mais ramassé çà et là, accepté par inadvertance et conformisme. Il se compose de termes «lancés» par les journaux, par les programmes de «variétés» ou les chansons du moment. En dehors des néologismes nécessaires aux réalités nouvelles, il se forme constamment de termes superflus. Leur seule utilité est de s’adapter parfaitement à l’esprit de «masse», c’est-à-dire d’être tout à la fois indéterminés et péremptoires. Ce sont tout juste des signaux, des flèches indicatives, des enveloppes sans contenu métaphorique. Il peut également s’agir de mots du langage traditionnel, mais employés de telle sorte qu’ils semblent vides de toute évocation sensible ou rationnelle, trahissant toujours une sorte de dévaluation du sentiment, de dégradation banalisante. »

 

Elémire Zolla