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Il est aisé d’être intelligent, encore faut-il être juste.

« Nous n’existons pas réellement en tant qu’entités individuelles. Nous ne vivons pas. La vie n’existe pas, il n’y a pas d’existence ; il y a simplement des vibrations. Qu’est-ce que la vie sinon un geste inaccompli, qui commence dans l’oubli pour se terminer dans l’oubli? (…) Il n’y a aucun commencement, pas plus qu’il n’y aura jamais de fin à tout cela. »
Robert E. Howard,
Lettre à Tevis Clyde Smith,
Février 1928

Vertèbres incendiées par des aiguilles chauffées à blanc, système nerveux touché, décharges électriques me perforant le bras droit et la main, nuque fichue. Le cerveau heureusement tourne à plein rendement – lorsque les drogues le libèrent, lorsqu’un apaisement de la douleur le permet. Au mal, il convient toujours de répondre. Je crois en la bibliothérapie. Je reprends L’Antéchrist et Ecce Homo ; les Lettres à Rivière et Le Pèse-nerfs sont de puissantes médications. J’appelle en consultation Le Tasse, Poe, Nerval, Baudelaire et Bousquet. Leur science me revigore. Si la guérison n’est pas envisageable, la grande santé demeure l’horizon.

En réponse à une question, en réponse à la catastrophe qui vient, qui est là, je retraduis la nuit dernière quelques vers de Juvénal. Le poème constitue la réponse au poème. Nul commentaire ne le vaut. Je devais simplement remettre les mots à leur place et les donner à entendre dans leur espace-temps.

Qu’est-ce que la onzième satura?

Colère et mépris devant le caractère répugnant des repas ostentatoires où se perd la dignité romaine. Discernement. Départ entre l’excès et la mesure. Juvénal aligne les rappels à l’ordre comme on assène des crochets décisifs. Ne jamais péter plus haut que son cul. Comprendre ce qui à chacun convient pour le bien de son être propre. Ce que devrait être un repas. Comment par ce bonheur conserver un ami. Loin du bruit malsain et de la dégueulasserie de (ce qui tend à) l’orgie, dîner avec lui, oui, mais en écoutant des vers de Virgile ou de l’auteur de l’Iliade. Tenir son âge et son rang, et faire front à la vulgarité, parce que l’on a œuvré jour après jour à se connaître. Lire la suite »

Mireille Darc, dans Les Barbouzes (1964)

Grâce haute et claire, évadée
D’une existence grise à elle promise,

L’Ange au sourire de Reims
A rejoint la beauté –

Beauté fraîche, neuve,

Élancée, insolente sans bruit,

Blonde décidément,

Indomptée, amoureuse, complice,

Femme heureuse s’aimant femme,

Profondeur et joie,

Don n’attendant nul retour,

Cœur fragile battant à son rythme délicat,

Chaleur et sourire,

Rire merveille, rire lumière

Au milieu des hommes lourds, spirituelle

Étincelle, allumant incendies nombreux,

Justesse, force singulière et

Attention subtile à autrui

Jusqu’au bout

– Une beauté
Angéliquement inventée,

Allant son chemin.

Nous avons besoin de semblables exemples

Pour tenir.

À la douceur chinoise de tes traits,

À ta voix caresse,

Éloge ;

À ton inoubliable silhouette,
Salut,
Salut amoureux, forcément.

« Sensible… s’acharner à être sensible, infiniment sensible, infiniment réceptif. Toujours en état d’osmose. Arriver à n’avoir plus besoin de regarder pour voir. Discerner le murmure des mémoires, le murmure de l’herbe, le murmure des gonds, le murmure des morts. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies, douleur pour que les douleurs se glissent jusqu’à nous, attente pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Écrire, c’est savoir dérober des secrets qu’il faut encore savoir transformer en diamants. Piste longuement l’expression qui mord et ramène-la de très loin, s’il le faut. »

Léon-Paul Fargue,

 Le piéton de Paris

« Tu dois les ARRÊTER, Flex. Ils sont en train… d’exterminer l’Imagination et… l’Étrangeté…

Ils construisent des Camps de la Mort pour nos Rêves. »

Grant Morrison

Doom Patrol #44, May 91