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Archive for novembre 2011

Une idée qui n’a pas trouvé sa forme n’est rien. Vanité de l’art conceptuel.

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Depuis quatre décennies maintenant, l’œuvre de Marcel Moreau apparaît comme une école – école sensuellement buissonnière, salubrement pessimiste et passionnément dionysiaque – de vie, d’exigence d’une autre vie que celle dans laquelle la société des loisirs aussi bien que le monde du travail nous encasernent. Elle est aussi une approche par les gouffres de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons. Union sulfureuse du perfectionnisme et de l’intempérance, elle se veut en outre une rigoureuse et farouche exploration des failles qui nous bâtissent non moins que de nos sursauts. Aventure de l’écriture qui se médite elle-même, elle se fait également le palimpseste somptueux de ses propres découvertes, réalisées au cours d’une existence entière vouée à une spéléologie à la fois intime et universelle, à l’élaboration d’une psychologie sismique. C’est enfin un chant et une danse où la musique, le style et le rythme épousent la pensée en une charnelle étreinte, tout en la propulsant chaque fois plus loin. Car l’écriture, pour Moreau n’est pas un aboutissement ; elle est à la fois une source et un navire, en même temps que l’astrolabe qui permettra de faire le point sur la navigation. Roborative apologie de l’individu contre toutes les menaces visibles, larvées ou voilées qui l’entourent, l’œuvre de Moreau, édifiée en marge de toutes les influences, ne cherche pas à séduire. Elle entend nous soulever, nous élever à deux vertus qui lui paraissent cardinales : l’ivresse et l’insoumission. (suite…)

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L’écriture de Philippe Jaccottet (1925) est une leçon de profondeur et d’humilité. Elle enseigne à regarder et à écouter, elle apprend à être. Observant le monde avec justesse, elle y puise sa force tremblée. Par la grâce de ses rythmes légers, musicaux, elle perce d’un coup nos vanités et nos leurres. La rencontre avec un cerisier, une méditation sur un verger de cognassiers lui sont autant d’occasions de désigner l’essentiel – qui nourrit – et le chemin qu’il faut parcourir pour mériter de l’être. Ses promenades, ses souvenirs de lectures ou de découvertes  sont pure lumière dans des textes où prose poétique et poème en vers libres alternent leurs vertus. Qu’il évoque des peintres ou tente d’approcher la vérité charnelle de pivoines, le ton de Jaccottet est toujours celui de la simplicité, de l’aveu le moins orné, ou de la réflexion qui va, avouant ses faiblesses. C’est un ami qui parle ici, et nous n’en avons pas tant que ça.

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Vertiges, de W.G. Sebald, Actes Sud, Arles, 2001. Traduit de l’allemand par Patrick Charbonneau.

Vertiges est, à ce jour, le troisième livre de W.G. Sebald traduit en français. Paru initialement dans sa langue d’origine en 1990, il fait suite aux Emigrants[1], recueil de récits, à la fois émouvants par leur contenu et neufs dans leur facture, qui avait fait date à l’occasion de leur sortie en 1999, ainsi qu’aux Anneaux de Saturne, publié la même année, chez Actes Sud également. Bavarois, Sebald vit depuis de longues années en Angleterre, où il enseigne la littérature.

Point commun entre ces trois livres : l’usage d’illustrations, de photographies et de documents qui émaillent le texte. C’est que Sebald est un amoureux du fait avéré, ce qui le conduit du reste à multiplier les détails précis ou à avancer, preuve à l’appui, des dates, sinon des heures. L’effet de réel ainsi produit, est, avouons-le déconcertant de prime abord et reste perturbant au fil de la lecture. Passionné absolu du réel et des hasards incroyables que la vie sème sur nos routes, Sebald cherche avec fièvre comment traduire dans la langue la densité de certains instants vécus, aussi bien que la surprise qu’ils recèlent quelquefois. Car il s’agit bien, pour ce néo-proustien, de porter un regard sur la vie qui dise tout à la fois sa profondeur et son énigme, tout en tâchant de la dénouer autant que possible. Comment ? Eh bien, par exemple, en traquant ce qui autorise à mieux la cerner. C’est-à-dire des moments que bien souvent la « grande Histoire » ne retient pas, des anecdotes de prime abord peu significatives.

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« On devient ce sur quoi on pose l’esprit. »

Parole de brahmane

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Christophe Van Rossom s’entretiendra avec Philippe Brunet, aède et traducteur de L’Iliade.

« Chante, déesse, l’ire d’Achille Péléiade… »

Voici près de 3000 ans que ce vers ouvre à une aventure qui ne laisse pas de captiver les hommes depuis la fin de l’âge du bronze. Lorsque l’aède prononçait ces mots, un grand silence et une grande émotion envahissaient la place ou la salle. Ses auditeurs savaient que le poème était sur le point de leur dévoiler, au-delà des exploits des guerriers grecs et troyens, la façon dont la guerre révèle les hommes à eux-mêmes. L’Iliade, première parmi les épopées fondatrices, est un moment clé dans l’histoire de l’Humanité. Elle nous demeure encore aujourd’hui un miroir tendu de ce que nous sommes dans nos pires comme dans nos meilleurs moments. Elle rappelle que la guerre ne connaît pas de vainqueur – que des vaincus. La fin du texte est édifiante de ce point de vue, car elle ne raconte nullement le triomphe des Grecs sur l’éblouissante cité. Elle se contente de nous dire que devant les murs brûle la dépouille de Patrocle tandis qu’en leur sein un bûcher emporte vers le ciel le cadavre mutilé du prince Hector. (suite…)

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« Sentez-vous le scandale de ce que certaines vérités ne se puissent entrevoir sinon depuis des points de vue coupables ? »

Jean-Paul Michel

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