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Archive for the ‘Musée imaginaire’ Category

Mireille Darc, dans Les Barbouzes (1964)

Grâce haute et claire, évadée
D’une existence grise à elle promise,

L’Ange au sourire de Reims
A rejoint la beauté –

Beauté fraîche, neuve,

Élancée, insolente sans bruit,

Blonde décidément,

Indomptée, amoureuse, complice,

Femme heureuse s’aimant femme,

Profondeur et joie,

Don n’attendant nul retour,

Cœur fragile battant à son rythme délicat,

Chaleur et sourire,

Rire merveille, rire lumière

Au milieu des hommes lourds, spirituelle

Étincelle, allumant incendies nombreux,

Justesse, force singulière et

Attention subtile à autrui

Jusqu’au bout

– Une beauté
Angéliquement inventée,

Allant son chemin.

Nous avons besoin de semblables exemples

Pour tenir.

À la douceur chinoise de tes traits,

À ta voix caresse,

Éloge ;

À ton inoubliable silhouette,
Salut,
Salut amoureux, forcément.

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Côté Jardin, un centaure ithyphallique, très généreusement doté. Il est casqué et armé. Il est en guerre. Son oeil semble projeter un rayon conique vers la gauche.

Côté Cour, un œil d’Horus lui fait face. S’y trouve perché un oiseau qui picore, queue en l’air. Sous l’oeil, un scorpion géant fait face, est-ce à un serpent redressé. Le reptile est créature de connaissance. Il connaît car il vient d’en-dessous, des inferii.
Je discerne en outre des lettres, que mes vagues connaissances en épigraphie ne me permettent pas d’interpréter. Il y a du latin, mais aussi du grec.
Au-dessus, un lambda peut-être, un A et un un L. L’inscription est interrompue par la tête du centaure, dont l’oeil visible est surdimensionné. On s’aperçoit aussi soudain que la patte antérieure gauche du centaure s’apprête sans doute à écraser le scorpion, cependant qu’il frappe nettement de sa lance l’œil d’Horus.
Dans le coin supérieur gauche de l’inscription, on distingue enfin un E suivi par un R.
L’on ne se met à voir que progressivement, dans la lenteur. Puis, les images continuent à forer au-dedans, titillant, inquiétant, fascinant. Plus lentement encore, elles entrent dans l’espace où la mémoire joue avec l’imagination.
L’oeil qui voit et alerte est toujours menacé. On veut le rendre à sa cécité antérieure. Qui sait est toujours menacé. Un jour, en fin de matinée, j’ai vu une pomme verte à Marsaxlokk. C’était jour de marché. Combien de fois pouvons-nous prétendre avoir vu et compris au cours d’une vie? Qui voit et comprend comme Homère?
Je donne ce rébus pour toutes les images surréalistes.

©Armes & bagages, à paraître.

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Danielle de Niese en Cléopâtre

Cléopâtre, dans Giulio Cesare de Haendel, en 2007

 

Le chant sauve. Il y a donc lieu de saluer passionnément ceux et celles qui chantent.

 

La beauté aime la beauté. Le don appelle le don. Le Temps resplendit.

 

Avez-vous entendu chanter et vu chanter Danielle De Niese? Un dictionnaire vous est-il utile pour saisir le sens du mot enchantement?

(suite…)

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Vénus de Chauvet (-30.000)

Au 16ème millénaire avant notre ère, la scène du puits, dans les tréfonds de Lascaux, nous place face à nous-mêmes, dans l’énigme. Nous ne laissons pas d’être sidérés. Une sorcellerie propitiatoire puissante, née des formes, du désir et du fantasme est à l’œuvre. Les grandes chasses peuvent commencer. Nous nous tenons face à l’impossible, mais voici que l’impossible se trouve figuré. (suite…)

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Louis Jourdan et Caroline Cartier, dans Plus ça va, maoins ça va (1977), de Michel VianeyCaroline Cartier et Louis Jourdan, au bord de la piscine,

au bord du gouffre

Me hante la figure de Louis Jourdan grimé en clown durant la longue party nocturne que filme Michel Vianey dans Plus ça va, moins ça va (1977). On peut penser que son enlisement dans les eaux tièdes d’une piscine du Midi constitue déjà un adieu. Le cul de la jeune starlette incarnée par Caroline Cartier est désormais l’unique passion. (suite…)

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Fritz LANG, METROPOLIS (1927)

Metropolis (1927), de Fritz LANG

J’enseigne l’histoire des littératures et l’histoire du cinéma. Je me livre à une activité de plus en plus coupable : rappeler aux hommes et aux femmes de ce XXIème siècle qui ils sont et d’où ils viennent. Ils n’est pas sûr qu’ils aiment cela. Il n’est pas acquis qu’un coup d’arrêt ne soit bientôt donné à une semblable transmission. 1927 est l’année de publication de Sein und Zeit de Martin Heidegger. L’art porte témoignage, l’art est la seule mémoire. Il se trouve que chaque figurant choisi pour cette scène a fait l’objet d’une audition séparée. Pour Lang, il fallait que chaque comédien fût pleinement individu singulier. Nous ne voyons pas les visages. Nous discernons des nuques ployées. Cela entre et sort de façon synchrone. Nous nous contemplons dans la même lâcheté et la même peur. Nous préférons l’air usiné où nos corps servent des machines aux vents du monde extérieur. Le silence règne. Un ouvrier tombe, le voilà aussitôt remplacé. L’horloge domine. Moloch règne. Partout.

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Photogramme extrait de CES GARÇONS QUI VENAIENT DU BRÉSIL (Franklin J. Schaffner, 1978)

Dix ans après son chef-d’oeuvre intact, Franklin J. Schaffner demeure dans l’inquiétude la plus vive. La fiction, certes, manque de subtilité. Mais c’est, sans doute, parce que le réel en manque bien davantage encore. 1978 est une charnière qui permet aux plus clairvoyants de prophétiser. Laurence Olivier n’a jamais été si fragile ni si impliqué peut-être. La mise en abyme est un procédé que je trouve souvent gratuit. Il faut laisser la virtuosité aux solipsistes. J’aime les films de genre. Qu’est-ce qu’un enfant, sinon l’absolue menace? Qu’est-ce que le danger, sinon ce que le miroir répète à l’infini sans le conjurer jamais?

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