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Archive for the ‘Macles’ Category

Côté Jardin, un centaure ithyphallique, très généreusement doté. Il est casqué et armé. Il est en guerre. Son oeil semble projeter un rayon conique vers la gauche.

Côté Cour, un œil d’Horus lui fait face. S’y trouve perché un oiseau qui picore, queue en l’air. Sous l’oeil, un scorpion géant fait face, est-ce à un serpent redressé. Le reptile est créature de connaissance. Il connaît car il vient d’en-dessous, des inferii.
Je discerne en outre des lettres, que mes vagues connaissances en épigraphie ne me permettent pas d’interpréter. Il y a du latin, mais aussi du grec.
Au-dessus, un lambda peut-être, un A et un un L. L’inscription est interrompue par la tête du centaure, dont l’oeil visible est surdimensionné. On s’aperçoit aussi soudain que la patte antérieure gauche du centaure s’apprête sans doute à écraser le scorpion, cependant qu’il frappe nettement de sa lance l’œil d’Horus.
Dans le coin supérieur gauche de l’inscription, on distingue enfin un E suivi par un R.
L’on ne se met à voir que progressivement, dans la lenteur. Puis, les images continuent à forer au-dedans, titillant, inquiétant, fascinant. Plus lentement encore, elles entrent dans l’espace où la mémoire joue avec l’imagination.
L’oeil qui voit et alerte est toujours menacé. On veut le rendre à sa cécité antérieure. Qui sait est toujours menacé. Un jour, en fin de matinée, j’ai vu une pomme verte à Marsaxlokk. C’était jour de marché. Combien de fois pouvons-nous prétendre avoir vu et compris au cours d’une vie? Qui voit et comprend comme Homère?
Je donne ce rébus pour toutes les images surréalistes.

©Armes & bagages, à paraître.

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Yves Bonnefoy nous a quittés au début de l’été.

Aujourd’hui, le sculpteur Ousmane Sow décède à Dakar.

Il y a quelques semaines le Prix Nobel de littérature est attribué à Bob Dylan, qui l’accepte, et Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Le raz-de-marée est sans précédent. La carte des States est rouge à l’exception de quelques îlots bleus sur les côtes. L’extrême-droite européenne est la première à saluer cette victoire. Kim Jong-un ne se tenait plus d’aise en lui adressant son télégramme de félicitations.

J’ai sous les yeux une photo de Vladimir Poutine. Il monte un cheval torse nu.

En France, le catholique François Fillon, inféodé à Poutine, est adoubé par la Droite. À cette heure, il paraît impossible qu’il ne devienne pas le nouveau président de la République après que l’inexistant Hollande aura fait ses valises. (suite…)

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Exister

Dieu seul est. Nous existons.

Il s’avère que la théologie éclaire de manière sidérante.

Nous avons été chassés du Jardin. Où davantage qu’auprès de Dieu, mais en Dieu, dans l’éternel, nous fûmes. Après quoi – après la Connaissance -, dans l’exil, il nous fallut exister.

Soit, nous tenir hors de.

Ce vieux conte mérite d’être creusé. Toute gnose réelle en procède. (suite…)

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Demeurer à toutes forces un individu.

S’étant divisé, sitôt que l’on s’est reproduit, on devient un dividu. Notre intégrité nous quitte. Les phéromones et les hormones ont accompli leur œuvre. Le devenir de l’espèce  triomphe. Le groupe, cette tumeur, va gonfler grâce à nous. Quelques gouttes opaques rencontrant des œufs minuscules nous ont perdus. (suite…)

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Pour Marcel Moreau, Buveur de Déluges

 

Il n’est pas de révolte statique. Tout rythme est un commencement de révolte. Nous avons perdu non seulement tout sens de la réalité, mais, ce qui est plus grave, nous ne reconnaissons plus sa musique. Je parle de la réalité saignante, désirante, imaginante, jouante, jouissante.

 

Lorsque les idées deviennent générales, communes, je veux dire communément partagées, c’est-à-dire vulgaires, et qu’elle ne se composent que de clichés bien-pensants qui piaffent d’impatience au désir frauduleux de se calcifier en règles, en règlements, sinon en lois, voire en sacrements, FUIS. Fuis l’homme qui les porte à plus forte raison s’il les colporte.

 

Ne te laisse jamais cerner ou miner. (suite…)

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[En réponse à une autre question ouverte]

 

Il n’y a ni sujet, ni matière.

Une table, une chaise, une voix qui va. Cela suffit. Le tableau est un luxe. Soudain, le Social est mis entre parenthèses pour une circulation qui n’a rien de mécanique.

Le sommeil est merveilleux, mais l’éveil, lorsqu’il survient, et que les yeux répondent à toutes les sollicitations qui lui assaillent la rétine, est l’unique miracle proprement humain. Je songe à l’œil qui s’ouvre au début de chaque épisode de la série gnostique Lost.

Un homme se présente devant ses semblables. Leur âge n’importe pas. Il leur tend la main. Leur propose une transaction. S’ils acceptent, l’échange, la transmission, la conversation, le débat, la rencontre, deviennent possibles. La chose est assez rare pour qu’on la souligne. Où, sinon dans certaines classes, à de certains instants, est-elle encore imaginable? La joie d’apprendre peut alors rayonner, quoi qu’il se passe au-delà des fenêtres et de la porte de l’amphithéâtre. Pas de flics à La Sorbonne! Comprenons : aucune sorte de police, l’uniforme en serait-il séduisant. Le maître apprend autant que l’élève, car la parole qui se déploie simultanément pense, mieux, peut-être, qu’à tête froide, ainsi que le notait Kleist. Rien ne doit y être assujetti à une autre injonction que le plaisir de se retrouver , ensemble, pour que s’affûtent davantage les sens, le goût et l’esprit. Tous les ordres extérieurs sont priés de demeurer à l’extérieur. L’idéologie est la seule étudiante à qui je refuse l’accès à mes locaux. (suite…)

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Les droites européennes, de plus en plus illettrées, s’embrouillent dans leur abécédaire. Dans quelle cave des Bourses mondiales a-t-on enfermé et bâillonné l’esprit de liberté, explorateur, inventif et audacieux? La flexibilité élevée au rang de credo, l’agenouillement devant les lois du marché et la prosternation devant des courbes statistiques sont des acrobaties ignobles.

Les pères fondateurs de la gauche émancipatrice se retournent tous dans la fosse où leurs amnésiques descendants ne cessent de les reléguer. La mauvaise conscience n’est leur fort que lorsqu’elle rapporte électoralement. S’il leur était donné de se lever, d’un mot ces libertaires désireux d’un élitisme pour tous foudroieraient la lâche médiocrité de leurs indignes héritiers, leur haine envers l’intelligence et leur indifférence à l’égard ce qui élève l’humain! Où drogue-t-on, avec leur pragmatique complicité, depuis plus de deux siècles, la recherche du bonheur?

La religion n’est pas la bienvenue. Jamais elle ne doit l’être, ne serait-ce que d’un pouce, là où l’homme propose à l’homme des lois. Les auto-proclamés Humanistes sont incapables d’épeler la première lettre de ce mot.

La bien-pensance autoritaire et assurée d’elle-même des instituteurs verts est d’une puérilité inouïe et souvent irrationnelle. Mais il n’est pas étonnant qu’elle fasse recette dans les bacs à sable où l’on nous cantonne. In tempore non suspecto, Roger Caillois nous enjoignait à nous défier de la chlorophylle. Avec cet art du contrepied merveilleux qui le caractérise, il précisait qu’il n’était rien de plus assassin que cette pourvoyeuse abondante en bactéries et en miasmes.

L’instruction et la culture, le discernement, la place centrale que les hautes époques ont consacré à la beauté, sont des nostalgies.

Qui se rend à Venise pour admirer sa mairie? Qui séjourne dans la ville dont l’autre nom est Amour pour visiter le siège central de la Banco di Roma?

Tous les réfractaires ne se valent pas. Gémir est lâcheté. Vociférer est dangereux. Administrer des leçons à distance relève d’une facilité coupable. (suite…)

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