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Archive for the ‘Macles’ Category

(En lisant L’Innomabile Attuale)

 

Nous avons créé un monstre sans équivalent, venimeux et multiple ainsi qu’une hydre. Sa menace croît chaque jour. Pondant abondamment, il dévore surtout les têtes, parfois même le crâne de ceux qui s’imaginent avertis. C’est le monde spectaculaire-marchand, hyper-médiatisé, devenu planétaire. La Spiritualité, le Sacré, le Savoir, l’Intelligence, la Pensée vagabonde, l’Art, la Beauté y sont proscrits. Ils sont des vestiges que l’on doit abattre ou des monuments qu’il y a lieu de travestir. Leur sorcellerie antique est l’ennemie.

Autour, alentour, cette pornographie des âmes et des corps n’est cependant pas du goût de tous. Des cauchemars géopolitiques s’esquissent ; de terribles réalités se préparent – quoi que nous fassions. Les indices s’accumulent, cependant que nous continuons de nous enliser dans un sommeil aux rêves formatés, frelatés. Est-il utile de rappeler que la démographie est l’unique loi et le seul tribunal ?

Je ne parle pas ici des justes qui font face à l’Hydre en ses marais indélimités et nauséabonds.

J’évoque ceux qui, se réclamant de la religion, se revendiquant de Dieu même, égorgent, asservissent et prostituent ceux qu’ils disent infidèles – militaires ou civils, hommes ou femmes, enfants et vieillards. Cette démence sacrificielle aux relents d’abattoir a été déjà définie, à un autre moment ; mais il est, pour le pire, des motifs récurrents. Les travaux du Collège de Sociologie sont des archives que plus personne ne consulte. Bataille et Caillois nous manquent tellement. (suite…)

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Le monde bascule ; cette évidence hurle. Nous poursuivons nuque courbée à pousser nos wagonnets dans la mine.

S’opposer, à nouveau, à la TERREUR, s’imposant.

J’appelle l’intelligence à lire entre les lignes, à voir au-delà de ce que le regard premier suggère.

Nous disposons de mille armes contre l’Ennemi, mais nous sommes trop lâches pour nous initier à manipuler la moins complexe d’entre elles.

Qu’une fois au moins, l’avenir, si proche, ne donne pas entièrement raison aux exactes fulgurances d’Étienne de la Boétie.

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Matin, pris en pleine gueule, dans le bouillon de la migraine qui détricote le regard et matraque la concentration. Lumière de poignard dans les yeux. Hallucinations olfactives. Avec les rêves étranges, là, qui parlent encore et exigent que l’on revienne à eux. Éveil mauvais. Deux heures désormais pour m’extraire de la gangue dure des drogues sans lesquelles je ne puis dormir. Et puis c’est la nuque qui vocifère ses quatre vérités arthritiques, et mon bras qui se refuse désormais à toute innocence, et cette cinquième lombaire qui irradie sa décrépitude douloureuse.

Je viens à toi, ô jour, parce que sur cette planète quelques Rares le méritent ; parce que la Beauté est rien moins qu’un mot vide. Je viens à toi parce qu’il y a lieu de poursuivre le combat, dans l’écart. Je viens à toi pour continuer de rencontrer le Temps, ma gnose demeurerait-elle sans écho.

Je viens à toi, ô nuit dans le jour et jour dans la nuit, pour honorer sans fin la caresse des Charités.

 

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.

 

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Septembre, longue dépression, longue pénitence, veille sombre. Et la situation, appelée à empirer. Et les bas consensus ; et les silences maudits!

Monde déshumanisé qui déchires la chair tendre et  la pensée généreuse comme chiens de guerre les hommes en sang,

Monde-Moloch, qui foules au pied l’intelligence et le savoir, me détournant de ta barbarie,  je ne trouve plus d’allié sur le chemin du maquis.

Des ossuaires, des tumulus, monuments d’anciennes batailles et de glorieux combats, scandent la route. Je puis encore déchiffrer des noms, des titres de gloire. Ils scintillent comme étoiles dans le noir cosmique. Le froid ne givrera pas mes pas. Il faut que je progresse. Ô l’ascèse difficile pour accéder au Temps!

 

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.

 

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En réponse à une question, en réponse à la catastrophe qui vient, qui est là, je retraduis la nuit dernière quelques vers de Juvénal. Le poème constitue la réponse au poème. Nul commentaire ne le vaut. Je devais simplement remettre les mots à leur place et les donner à entendre dans leur espace-temps.

Qu’est-ce que la onzième satura?

Colère et mépris devant le caractère répugnant des repas ostentatoires où se perd la dignité romaine. Discernement. Départ entre l’excès et la mesure. Juvénal aligne les rappels à l’ordre comme on assène des crochets décisifs. Ne jamais péter plus haut que son cul. Comprendre ce qui à chacun convient pour le bien de son être propre. Ce que devrait être un repas. Comment par ce bonheur conserver un ami. Loin du bruit malsain et de la dégueulasserie de (ce qui tend à) l’orgie, dîner avec lui, oui, mais en écoutant des vers de Virgile ou de l’auteur de l’Iliade. Tenir son âge et son rang, et faire front à la vulgarité, parce que l’on a œuvré jour après jour à se connaître. (suite…)

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Côté Jardin, un centaure ithyphallique, très généreusement doté. Il est casqué et armé. Il est en guerre. Son oeil semble projeter un rayon conique vers la gauche.

Côté Cour, un œil d’Horus lui fait face. S’y trouve perché un oiseau qui picore, queue en l’air. Sous l’oeil, un scorpion géant fait face, est-ce à un serpent redressé. Le reptile est créature de connaissance. Il connaît car il vient d’en-dessous, des inferii.
Je discerne en outre des lettres, que mes vagues connaissances en épigraphie ne me permettent pas d’interpréter. Il y a du latin, mais aussi du grec.
Au-dessus, un lambda peut-être, un A et un un L. L’inscription est interrompue par la tête du centaure, dont l’oeil visible est surdimensionné. On s’aperçoit aussi soudain que la patte antérieure gauche du centaure s’apprête sans doute à écraser le scorpion, cependant qu’il frappe nettement de sa lance l’œil d’Horus.
Dans le coin supérieur gauche de l’inscription, on distingue enfin un E suivi par un R.
L’on ne se met à voir que progressivement, dans la lenteur. Puis, les images continuent à forer au-dedans, titillant, inquiétant, fascinant. Plus lentement encore, elles entrent dans l’espace où la mémoire joue avec l’imagination.
L’oeil qui voit et alerte est toujours menacé. On veut le rendre à sa cécité antérieure. Qui sait est toujours menacé. Un jour, en fin de matinée, j’ai vu une pomme verte à Marsaxlokk. C’était jour de marché. Combien de fois pouvons-nous prétendre avoir vu et compris au cours d’une vie? Qui voit et comprend comme Homère?
Je donne ce rébus pour toutes les images surréalistes.

©Armes & bagages, à paraître.

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Yves Bonnefoy nous a quittés au début de l’été.

Aujourd’hui, le sculpteur Ousmane Sow décède à Dakar.

Il y a quelques semaines le Prix Nobel de littérature est attribué à Bob Dylan, qui l’accepte, et Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Le raz-de-marée est sans précédent. La carte des States est rouge à l’exception de quelques îlots bleus sur les côtes. L’extrême-droite européenne est la première à saluer cette victoire. Kim Jong-un ne se tenait plus d’aise en lui adressant son télégramme de félicitations.

J’ai sous les yeux une photo de Vladimir Poutine. Il monte un cheval torse nu.

En France, le catholique François Fillon, inféodé à Poutine, est adoubé par la Droite. À cette heure, il paraît impossible qu’il ne devienne pas le nouveau président de la République après que l’inexistant Hollande aura fait ses valises. (suite…)

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