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Posts Tagged ‘Arthur Rimbaud’

« Des humains suffrages,

Des communs élans,

Donc tu te dégages :

Tu voles selon…

Jamais l’espérance ;

Pas d’orietur.

Science avec patience…

Le supplice est sûr. »

Arthur Rimbaud

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« Oisive jeunesse

À tout asservie,

Par délicatesse

J’ai perdu ma vie.

Ah! que le temps vienne

Où les coeurs s’éprennent! »

Arthur Rimbaud

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« Rien de rien ne m’illusionne :

C’est rire aux parents qu’au soleil ;

Mais moi je ne veux rire à rien,

Et libre soit cette infortune. »

Arthur Rimbaud

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« J’ai eu raison dans tous mes dédains : puisque je m’évade.

Je m’évade!

Je m’explique. »

Arthur Rimbaud

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« Exilé ici j’ai eu une scène où jouer les chefs-d’œuvre dramatiques de toutes les littératures. Je vous indiquerais les richesses inouïes. J’observe l’histoire des trésors que vous trouvâtes. Je vois la suite ! Ma sagesse est aussi dédaignée que le chaos. Qu’est mon néant, auprès de la stupeur qui vous attend? »

Arthur Rimbaud

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« Pendant que les fonds publics s’écoulent en fêtes de fraternité, il sonne une cloche de feu rose dans les nuages. »

Arthur Rimbaud

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Allocution prononcée au Centre culturel Bruegel, le lundi 30 septembre 2013,

à l’invitation du collectif Thalie envolée

Pour Jacques Crickillon

Antoine G., Antoine M., Julie, Laurie, Laura, Maxime & Tania

 

 

I

Et toi mon cœur pourquoi bats-tu 

Comme un guetteur mélancolique

                                                                                                  J’observe la nuit et la mort

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Chers amis,

Évoquant l’histoire de la poésie, c’est-à-dire celle de l’essentiel, il y a quelques dates à côté desquelles on ne peut passer :

1. 1855, après une nuit « noire et blanche », on retrouve, pendu aux barreaux d’une grille d’accès aux égouts, le corps d’un homme hirsute, revêtu de haillons, le visage à moitié masqué par la neige de janvier. C’est Celui de Gérard de Nerval, le poète des Chimères, le prosateur des Filles du Feu et d’Aurélia. Le traducteur du Faust de Goethe et de Heine. Dans un bref texte critique, Apollinaire rappellera à son sujet cette anecdote : « Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit :En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… »

2. 1857, Les Fleurs du Mal paraissent. Très vite, leur père est condamné par la justice du Second Empire qui mutile le livre et la dignité de son auteur. Dix ans plus tard, le corps de Baudelaire n’est plus qu’une épave hémiplégique et aphasique. Les seules syllabes qui jaillissent encore de sa bouche sont : « Cré Nom! » Elles jugent l’époque.

3. 1870, à l’âge de 24 ans, Isidore Ducasse meurt, brûlant de fièvre, de faim et de froid, dans Paris assiégée par l’armée prussienne. Sous le nom du Comte de Lautréamont, un an auparavant, il publiait un livre sans précédent, magnifique de sauvagerie, de liberté et d’ironie : Les Chants de Maldoror. Précisons, si nécessaire, qu’aucun de ses contemporains n’en eut la moindre idée. La beauté y est définie pour la première fois de cette façon : « Il est beau […] comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ! » (Chant VI)

4. Novembre 1891, Arthur Rimbaud, amputé de la jambe gauche, décède à l’Hôpital public de Marseille. Cela fait plus de quinze ans qu’il a quitté la France et l’écriture poétique, faute d’avoir rencontré le moindre interlocuteur véritable à sa parole et à sa pensée. Une Saison en Enfer avait paru à compte d’auteur à Bruxelles en 1873. Quant aux Illuminations, commencées en 1872, mais rédigées pour l’essentiel durant les deux années suivantes, nous n’en devons la lecture qu’à quelques amis, dont Verlaine et Germain Nouveau, et nous savons que Rimbaud lui-même les griffonna sans ordre précis et sans consignes ni désir d’une éventuelle publication.

5. En 1897, sous le regard médusé du jeune Valéry, éperdu d’admiration, se déploie une œuvre poétique sans précédent dans son étalement graphique – elle simule ni plus ni moins qu’une vaste une constellation céleste – aussi bien que par la singularité de sa langue. Il s’agit du Coup de dés, de Stéphane Mallarmé. Moins d’un an plus tard, le plus révolutionnaire des écrivains décède d’un double spasme de la glotte. Il demande à sa femme et à sa fille que tous ses « papiers » soient brûlés. On estime que, de son vivant, moins d’une trentaine d’hommes et de femmes le lisaient. Quelque illustre éclairé avait du reste affirmé que sa parole et sa poésie constituaient des insultes à la langue française. (suite…)

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