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Archive for octobre 2018

« Nous contemplons tous les mêmes astres, le ciel nous est commun à tous, le même univers nous entoure : qu’importe la philosophie par laquelle chacun cherche la vérité ? Un seul chemin ne suffit pas pour accéder à un si grand mystère »

Symmaque

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Misère de fin de civilisation! Toute forme de contradiction : perçue comme rupture, agression, sécession violente. Refuse-t-on l’assentiment béat, le ronronnement grégaire, et l’on devient l’ennemi. L’homme à discréditer, à humilier, sinon à abattre. Déconsidération des étoiles.

Il y eut, il y a encore, pourtant,  des hommes qui marchent et qui parlent. D’immenses miroirs nous les voilent. Leur voix ne traverse plus l’opacité des écrans. Leurs mots sont démonétisés, déformés, martelés afin qu’ils nous deviennent indéchiffrables. Cependant que ces vocables convoquent le divin, la conjuration de gnomes difformes, stupides, et narcissiques se démultiplie, prolifère partout et impose sa loi. Au silence majeur, du bruit est opposé.

Je cherche à m’exprimer, comme à être (c’est-à-dire vibrer), sur d’autres fréquences, que mon écriture cherche. Cherchera jusqu’au bout.

Nous ne cessons de nous irriter avec ostentation pour de misérables motifs, de nous agiter médiatiquement pour des causes spécieuses, mais nous demeurons tristement muets quand il y aurait lieu de laisser éclater sa colère. De ces salubres colères, de ces magnifiques refus qui sauvent les hommes au fil des jours non moins qu’ils les sauvèrent au cours des siècles. – Aujourd’hui, Un hamster galopant sur sa roue témoigne de plus d’indépendance que nous.

La révolte oubliée, toute clairvoyance feue, les hommes ont perdu leur boussole.

Les dieux méprisent la petitesse. Leur retour n’est pas pour demain. Folie de Hölderlin.

Les larmes retournées de René Char sont un pain qui durcit chaque jour.

Qui désormais pour le rompre et le partager?

Qui pour l’empêcher de rancir?

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.

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« Une zone dangereuse hante les créations culturelles. Le collectif est cette zone. Le groupement humain est une chose dangereuse. La communauté se rassemble sur celui qu’elle exclut. Elle se parle à elle-même sur le dos de l’exclu. C’est lui, le principal interlocuteur du paranoïaque. Je s’adresse à Tu dans l’éviction de Il. Ils… Ils… Que n’ont-il pas fait à l’innocent? »

Pascal Quignard,

L’enfant d’Ingolstadt

(Dernier royaume, X)

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Les trains, la vitesse, la babélisation de nos mondes atomiques, les paysages qui flambent dans l’instant, le dépenaillé de l’époque, la hideur et la grossièreté, les babillages narcissiques même, inspirent. Éclaté, je ne puis nier l’éclatement. Nonobstant, c’est toujours l’éclat que mon doigt cherchera, inquiet, gourmand – souvent la main saignante.

Sur ces mers, je navigue presque chaque jour, m’inquiétant du gréement et du pont, des vents et des cartes rares, cependant qu’autour de moi les yeux quêtent des oiseaux, un rivage. La maigreur n’enseigne rien. La faim, la soif attirent d’illusoires vautours, désireux d’accuser. Il convient de ne céder en rien, jamais, aux sycophantes.

Apprends que tes compagnons disposent tous d’un poignard, d’un sabre ou d’un pistolet. Il n’est pas assuré que c’est vers l’ennemi, le moment venu, qu’ils tourneront leurs armes. Le ciel est tissé d’aigreurs et d’amertume. Tes alliés, au reste, se détestent entre eux.

Plus que les paysages, ce sont des signes que tes yeux scrutent. Une plaque pendouillante où se devinent encore, blanc sur fond bleu nuit, quelques lettres, se dresse comme un espoir sur les villes agonisantes.

Il advient que je distingue furtivement un cours d’eau.

Tout fleuve, en amont, prononce le nom secret, ou oublié, de sa source. Je ne l’oublie jamais. Au sein de l’éclair, il faut longuement guetter. Tendre l’oreille avec une infinie patience. Sur un quai nocturne, une silhouette noire progresse vers moi. Giacometti m’adresse la parole. Je n’ai pas rêvé cette scène.

Si je dis le malheur, je ne pense qu’à la joie – au grand feu d’être où tout brûler produit rien moins que des cendres.

 

Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.

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« Un écrivain sans oreille est comme un boxeur sans main gauche. »

Ernest Hemingway

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