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Archive for the ‘Bibliothèque de guerre’ Category

Deux livres sont là, à me faire signe, sans cesse, sur la table de lecture, agitant mes jours et mes nuits. Le dernier paru est le versant sombre de l’autre, lequel prolonge l’ekphrasis infinie entamée par l’écrivain depuis La Ruine de Kasch. En 2016, paraissait Il Cacciatore Celeste ; aujourd’hui sort L’Innomabile Attuale. Penseur parmi les plus décisifs de notre temps, Roberto Calasso définit les lignes de partage, désigne du doigt ce que nous ne voyons pas, et condamnant notre religion de l’horizontalité, ouvre à la plus salubre verticalité.

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Il faut prendre M.G. Dantec au sérieux. Jusque dans ses excès ; jusque dans ses travers. Et il faut le faire car, dans le monde bien tranquille des lettres françaises, Dantec oblige à repenser de fond en comble le rapport de l’écrivain au monde, en fonction des mutations que celui-ci a subi sur les plans technologique, scientifique et géopolitique.

Parfaitement inclassables, les pavés de Dantec ne gênaient pas tant qu’il se contentait de brouiller les cartes dans le domaine du polar (avec La Sirène rouge ou Les Racines du Mal) ou de la S-F de tendance cyberpunk (avec sa nouvelle Là où retombent les Anges, que reprend notamment Périphériques, ou son monumental Babylon Babies). Mais depuis la publication du Théâtre des Opérations, son journal métaphysique et polémique, qui compte à ce jour deux volumes, l’homme, en exil volontaire au Canada depuis la fin du siècle passé, n’hésite plus à ruer dans les brancards, en théorisant son activité comme un art de la guerre destiné à tout remettre en cause et à tout attaquer au besoin. « Nous avons oublié que le mot style venait d’un synonyme de poignard. Il faut refaire du français une langue de guerrier, un jeu d’escrime, un art martial. Un écrivain est un tueur. Sinon… qu’il peigne des aquarelles. », grogne-t-il ainsi dans le long entretien qu’il accorde à Richard Comballot, le maître d’œuvre du volume de mélanges que publie Flammarion. (suite…)

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 – Port-Royal, une anthologie présentée par Laurence Plazenet, Flammarion, Collection Mille & une pages, Paris, 2012.

Il est plusieurs histoires des littératures, comme il existe diverses formes de résistances. Je ne connais pas haine plus violente que celle qu’exerça le Soleil sur les Solitaires de Port-Royal. Sur le lieu autant qu’envers les êtres. Que, sur ordre du Roi, les os des défunts fussent abandonnés aux chiens, après avoir été sauvagement déterrés, afin que rien n’indique où venir se souvenir de ce que furent les Solitaires, laisse à songer sur la terreur qu’ils inspirèrent au plus autarcique des monarques. C’était l’hiver 1710-1711. Le froid était intense. Nous ne lisons pas les Jansénistes, nous oublions ce que nous leur devons, peut-être au-delà du Grand Siècle. (suite…)

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Sir Thomas Browne (1605-1682) est un des plus grands prosateurs de langue anglaise. Il appartient au nombre de ceux que Pascal Quignard appellerait les antiquaires. Médecin et théologien d’une érudition vertigineuse, il tente élégamment de faire en sorte que l’esprit renaissant colore encore un peu une Angleterre qui, derrière les rideaux du puritanisme, s’affirme de plus en plus pragmatique et affairiste. Ceux qui arpentent les labyrinthes du Temps n’appartiennent pas. Ne cèdent à personne. Les livres dont ils s’entourent sont le gage d’une existence passionnée. (suite…)

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