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Posts Tagged ‘Georges Bataille’

Lucrèce

« La mort est très tôt dans la pensée. Peut-être même aussitôt. La pensée est comme un retour de chez les morts », écrit Pascal Quignard dans Mourir de penser.

Préférant l’athéisme à toutes formes de foi, le matérialisme originel au spectre des idéalismes, la chasse à la prise, le cahot des livres à la calcification des idéologies, les révélations du jadis aux clichés de l’instantané, l’errance décillée à la stagnation béate, le dialogue avec les morts à la superficialité du bavardage avec les supposés vivants, la mise à mal de toutes les certitudes au péremptoire des convictions, l’étymologie à la nov-langue, Quignard nous apparaît, aujourd’hui plus qu’hier encore, toucher à la seule joie – qui, si elle ne sauve pas, au moins procure le sentiment d’une certaine justesse, d’une rare justice. Penser, c’est jauger, peser, exercer son sens de la nuance. C’est rêver. C’est progresser à tâtons, entre effroi et merveille, dans les mondes que révèle la langue et les livres. C’est quitter, avec un étrange sourire aux lèvres, l’orbe des discours qui poursuivent un but – lequel se signale le plus souvent par une radicalité dangereuse. « La lucidité est l’état joyeux du cerveau humain. La vision juste. Ni l’effet de loupe ni la vision floue du presbyte ni le gondolement de la myopie ni l’impression lointaine d’un télescope ne s’accompagnent d’une telle joie. Le bon fonctionnement de l’organe, telle est la première joie. Netteté de la vision, panoramie du guet, la lucidité est comme le ciel bleu, aoristique, sans nuages. »

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Ni le silence ni la parole

Un portrait de Louis-René des Forêts

Portrait de Louis-René des Forêts, par Balthus

Portrait de Louis-René des Forêts,

 par Balthus

Nous voilà plus de dix ans après sa disparition, et, pour la plupart d’entre nous, son nom même est parfaitement inconnu.

Pourquoi ?

Comment se fait-il que cet écrivain, qui a traversé le XXème siècle et produit l’une de ses œuvres les plus exigeantes, les plus décisives, demeure dans un tel retrait ? (suite…)

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Christophe Van Rossom s’entretiendra

avec Jean-Paul Michel

à la faveur de la parution du volume

Écrits sur la poésie (1981-2012)

Jean-Paul Michel, vu par Guillaume Bonnaud & Sud-Ouest Dimanche 

Jean-Paul Michel, vu par Guillaume Bonnaud

(© Sud-Ouest Dimanche)

Rêvant, on peut imaginer le tableau suivant : Hölderlin conversant avec Hopkins, qu’encadreraient Dante et Georges Bataille. De part et d’autre de la table, il y aussi Baudelaire, Gracián, Nietzsche et Rimbaud, Pascal et Dostoïevski, Blake, bien sûr, Homère, et Mallarmé. On croit rêver cette scène – on aimerait dire : cette cène. On ne la rêve pas. Ami de la peinture autant que la vraie littérature, Jean-Paul Michel la représente sous nos yeux depuis environ quatre décennies, que ce soit en éditant ou en publiant des livres de poésie – mais aussi, sous forme continue ou fragmentée, sous forme de lettres ou d’entretiens, en donnant avec une  juste parcimonie des textes de réflexion sur la question de la Beauté, de l’Art, du Réel, de la Justice ou de la Vérité. (suite…)

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« Mes maîtres sont :

Pour les motifs : L’Odyssée, Les Métamorphoses, L’Âne d’or, Les Mille et une Nuits, les Sagas d’Islande, Chrétien de Troyes, tout Saikaku, Le Rêve dans le pavillon rouge, tout Stendhal, Les Hauts de Hurlevent.

Pour l’implication : Gilgamesh et Enkidou, la Bible, Tchouang-tseu, Lucrèce, Virgile, Tacite, Sei Shônagon, Montaigne, Saint-Évremond, Tallemant, Nicole, Saint-Simon, Chateaubriand.

Pour le ton : César, Albucius, Paul, Tacite de nouveau, La Rochefoucauld, Massillon, tout Pou Song-ling, Rousseau, Chateaubriand de nouveau, Mme de Boigne, Hello, Colette, Bataille. »

Pascal Quignard

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« Ce qu’on aime arrive comme on éternue. Mon absence de souci s’exprime en volonté. J’ai vu que je devais faire ceci ou cela : et je le fais (mon temps n’est plus cette blessure béante). »

Georges Bataille

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« Je suis pour ceux que j’aime une provocation. »

Georges Bataille

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« On me tient pour l’ennemi du bonheur. C’est juste si par « bonheur » on entend le contraire de la passion. Mais si le bonheur est une réponse à l’appel du désir et si le désir est le caprice même, alors le bonheur seul est la valeur morale. »

Georges Bataille

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