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Posts Tagged ‘Moloch’

 

Septembre, longue dépression, longue pénitence, veille sombre. Et la situation, appelée à empirer. Et les bas consensus ; et les silences maudits!

Monde déshumanisé qui déchires la chair tendre et  la pensée généreuse comme chiens de guerre les hommes en sang,

Monde-Moloch, qui foules au pied l’intelligence et le savoir, me détournant de ta barbarie,  je ne trouve plus d’allié sur le chemin du maquis.

Des ossuaires, des tumulus, monuments d’anciennes batailles et de glorieux combats, scandent la route. Je puis encore déchiffrer des noms, des titres de gloire. Ils scintillent comme étoiles dans le noir cosmique. Le froid ne givrera pas mes pas. Il faut que je progresse. Ô l’ascèse difficile pour accéder au Temps!

 

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.

 

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Fritz LANG, METROPOLIS (1927)

Metropolis (1927), de Fritz LANG

J’enseigne l’histoire des littératures et l’histoire du cinéma. Je me livre à une activité de plus en plus coupable : rappeler aux hommes et aux femmes de ce XXIème siècle qui ils sont et d’où ils viennent. Ils n’est pas sûr qu’ils aiment cela. Il n’est pas acquis qu’un coup d’arrêt ne soit bientôt donné à une semblable transmission. 1927 est l’année de publication de Sein und Zeit de Martin Heidegger. L’art porte témoignage, l’art est la seule mémoire. Il se trouve que chaque figurant choisi pour cette scène a fait l’objet d’une audition séparée. Pour Lang, il fallait que chaque comédien fût pleinement individu singulier. Nous ne voyons pas les visages. Nous discernons des nuques ployées. Cela entre et sort de façon synchrone. Nous nous contemplons dans la même lâcheté et la même peur. Nous préférons l’air usiné où nos corps servent des machines aux vents du monde extérieur. Le silence règne. Un ouvrier tombe, le voilà aussitôt remplacé. L’horloge domine. Moloch règne. Partout.

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