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Posts Tagged ‘art’

Recommencer à lire, c’est redonner au corps sa vraie place, c’est le raccorder au diapason d’une vie supérieure, art et armure. Découvrir un grand livre relève de la résurrection. Les nerfs me font mal ; ma nuque est une boule d’aiguilles vivantes et mes reins sont une tonne en fusion ; les drogues m’assomment ; mon bras d’écriture est mort – et cependant, je vais plus vite que vous, mortels abstèmes de beauté et apostat des divines ivresses. Les visions adviennent. Le rire déborde ce qui le menace. Une joie sans nom est à l’oeuvre. Les mots se cachent, mais leurs traces sont là. Ô le lieu et la formule!

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(En lisant L’Innomabile Attuale)

 

Nous avons créé un monstre sans équivalent, venimeux et multiple ainsi qu’une hydre. Sa menace croît chaque jour. Pondant abondamment, il dévore surtout les têtes, parfois même le crâne de ceux qui s’imaginent avertis. C’est le monde spectaculaire-marchand, hyper-médiatisé, devenu planétaire. La Spiritualité, le Sacré, le Savoir, l’Intelligence, la Pensée vagabonde, l’Art, la Beauté y sont proscrits. Ils sont des vestiges que l’on doit abattre ou des monuments qu’il y a lieu de travestir. Leur sorcellerie antique est l’ennemie.

Autour, alentour, cette pornographie des âmes et des corps n’est cependant pas du goût de tous. Des cauchemars géopolitiques s’esquissent ; de terribles réalités se préparent – quoi que nous fassions. Les indices s’accumulent, cependant que nous continuons de nous enliser dans un sommeil aux rêves formatés, frelatés. Est-il utile de rappeler que la démographie est l’unique loi et le seul tribunal ?

Je ne parle pas ici des justes qui font face à l’Hydre en ses marais indélimités et nauséabonds.

J’évoque ceux qui, se réclamant de la religion, se revendiquant de Dieu même, égorgent, asservissent et prostituent ceux qu’ils disent infidèles – militaires ou civils, hommes ou femmes, enfants et vieillards. Cette démence sacrificielle aux relents d’abattoir a été déjà définie, à un autre moment ; mais il est, pour le pire, des motifs récurrents. Les travaux du Collège de Sociologie sont des archives que plus personne ne consulte. Bataille et Caillois nous manquent tellement. (suite…)

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« Dans la cité, il est peu de choses auxquelles il faille tenir autant qu’à la liberté. Mais dans les Lettres, où tout est libre dès l’abord, je veux dire où la cité n’intervient pas, où nulle contrainte n’est obligatoire, faire ce qui plaît est seulement paresse, manque d’audace et d’ambition. C’est s’en tenir à la nature. L’art exige davantage. »

Roger Caillois

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