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« À mon avis, pour trouver la réalité, il faut explorer nos propres univers pour y découvrir les détails qui font cette réalité que l’on ressent au fond de soi. Être un artiste signifie rechercher, trouver et observer ces réalités. Être un artiste signifie ne jamais détourner le regard. »

Akira Kurosawa

La meilleure réponse sans doute à donner à l’une des questions que la presque totalité des êtres humains a complètement vidée de sens : « Comment allez-vous? », est formulée par le personnage d’Amy Farrah Fowler. À cette civilité devenue cliché, très tôt après sa première apparition dans la série à succès Big Bang Theory, son intégrité et sa logique de matérialiste athée la poussent à répondre ceci : « Comme tout le monde, sujette à l’entropie, au déclin et finalement à la mort. »

Intelligence et drôlerie à froid d’une réplique magistralement servie par Mayim Bialik, comédienne remarquable, mais également docteur en neurosciences, soit, léger vertige d’une mise en abîme existentielle, le rôle même qu’il lui faut interpréter là.

Toutes ces perles, les noter. La pertinence est partout. Ô l’art précis, précieux, de dénicher! Esseulé, je continue cependant de croire que des contre-sociétés paucitaires restent possibles, pourvu que l’imagination souveraine continue d’habiter quelques cerveaux dans les ruines de la civilisation, où les diurnes errent, effectuent des tâches, et vieillissent, dans l’hébétude, sans connaître qu’il est d’autres univers, comme il est plus d’une modalité de vivre.

 

Si l’on excepte ses Entretiens avec Charles Bertin (paru en 2012 aux bons soins de l’Académie royale de langue et de littérature françaises et des Éditions du Cri), il se trouve que pendant dix ans, Jacques n’aura rien publié, ce dont personne ne s’est véritablement avisé. Symboliquement, Le dernier chemin aura donc été son dernier livre. Ce récit aura été son dernier roman. Il faut lire et relire ces trois phrases, une longue deux brèves, pour commencer à dénombrer les écritures qui s’y superposent, à l’instar d’un palimpseste. L’idéal y recoupe le spleen ; le clin d’oeil amical s’invagine dans le regard introspectif ; le mal y cherche son remède. Tout est désormais en place pour que nous reprenions ce volume plus conscients en sachant qu’il constitue un vertigineux testament.

« (…) ma façon d’écrire n’est pas la conséquence d’un parti pris d’ordre esthétique. Mon but n’est pas d’être en rupture ou en adéquation avec une mode. J’enfile à vrai dire des phrases entortillées pour n’avoir plus à regarder en face ma condition, un peu comme ces malades mentaux qui, pour oublier leur enfermement, se consacrent corps et âmes, pendant des mois ou des années, au recouvrement total d’une grande feuille de papier, dont le moindre centimètre carré de blanc doit disparaître sous un gigantesque dessin prodigieusement compliqué. C’est peut-être ainsi qu’ils projettent hors d’eux-mêmes leurs démons. C’est peut-être ainsi qu’ils évacuent millimètre par millimètre leurs noirceurs et qu’ils finissent par s’offrir l’illusion d’une simplicité retrouvée. »

« Je crois que la Littérature, reprise à sa source, qui est l’Art et la Science, nous fournira un Théâtre, dont les représentations seront le vrai culte moderne ; un Livre, explication de l’homme, suffisante à nos plus beaux rêves. »

Stéphane Mallarmé

« De la haine de la jeunesse contre les citateurs. Le citateur est pour eux un ennemi. »

Charles Baudelaire

« Un grand pouvoir réside dans le secret. Car ce n’est pas le connu qui forme le monde mais bien plutôt l’inconnu. Et la peur qu’il inspire. »

James Tynion IV

« Le Je de notre présence au monde va-t-il être étouffé par un moi qui n’est qu’une construction du concept, et en cela de l’irréel, rien qu’une image, une autre sorte de mort ? L’histoire de Balin suggère que la vraie quête n’est pas celle d’un bien surnaturel mais, opiniâtrement, d’un peu de lucidité dans le rapport de l’être parlant à soi-même. »

Yves Bonnefoy,

Le Graal sans la légende (2013)