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Posts Tagged ‘nihilisme’

 

Jouer avec les mots n’est pas se jouer de leur sens.

Au nihilisme violent, souvent sans nuances, de l’anarchiste, je préfèrerai toujours de loin l’horizon joyeusement désespéré du libertaire. L’élan libertin, l’effort toujours recommencé ont une saveur que ne connaîtra jamais la passion destructrice. Une rose trempée dans du vin est plus délectable qu’un bâton de dynamite. Il ne s’agit pas de transiger et encore moins de se résigner. Le style est une éthique. Le rire a des vertus, des degrés, des couleurs, que le ricanement lamine aussitôt. Pour répondre aux malédictions du labyrinthe, le libertaire invente des échappatoires cependant que l’anarchiste ne vocifère que ce mot : « Incendie! Incendie! » Peut-être aussi faut-il laisser les damnés profiter des bienfaits de l’enfer et du commerce avec les démons. Nous ne sommes pas coupables, nous refusons d’être victimes. L’adverbe que nous prisons est autrement.
Le passé est une cache d’armes.
La Gnose, un projet d’avenir.
En nous se dissimulent toutes les réponses.
Ne te quaesiueris extra.

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L’autre jour, à la faveur d’un cours, j’ironise  sur la journée sans voitures. La réaction n’a pas tardé : « De quel droit? Vous ne pouvez pas dire cela. Expliquez-nous pourquoi vous dites cela. » Et l’élève qui m’interpelle de me préciser par ailleurs que ses idoles sont Nicolas Bedos et Gaspard Proust. Les censeurs sont désormais devant nous. Nous devons nous perdre sans cesse en justifications si l’on use d’une certaine liberté de ton. Je suis dans une école, devant un professeur de littérature, j’ai payé mon minerval : qu’il me parle de littérature et qu’on s’en tienne à cela! Il faudra donc que je m’explique, substantiellement, avec l’espoir mince d’avoir entrouvert une porte sur le champ des possibles.

 

Plus aucune révolution n’est imaginable pour cette raison. Le jeu est un souvenir, l’humour une antiquité, la provocation intellectuelle une faute qui appelle sanction. Le fait de ne pas ronronner droit et à heure fixe : voilà le péché ! Je me rappelle, il y a deux ans, avoir dû expliquer à une élève que, commentant Ubu roi, je me sentais en droit d’aborder une critique des dispositifs politiques actuels.

 

Lire et transmettre le goût des livres, c’est aller au plus loin dans toutes les interrogations, même lorsqu’elles démangent, surtout lorsqu’elles font mal. Je nomme art tout affrontement, selon des règles choisies et méditées, du nihilisme protéiforme. (suite…)

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