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Archive for 4 septembre 2013

 

En 1956, Cristina Campo se trouve à Florence esseulée. Épuisée physiquement, ébranlée nerveusement, elle bouillonne pourtant d’idées…

« À Florence, elle avait rêvé de créer avec quelques amis une revue nouvelle – « une revue de jeunes, hommes et femmes, fatigués des contaminations et des alibis » –  qui aurait dû avoir le titre weilien de L’Attenzione. Elle en avait tracé les grandes lignes dans un article paru dans la revue Stagione en septembre 1956 : attention comme recherche de la parole et du geste parfaits, qui à chaque époque parlent à l’homme ; retour à l’idée perdue du temps circulaire, à substituer au mensonge du temps comme ligne droite ; refus du concept d’actualité ; lectures sur de multiples plans.  Mais elle n’avait pas réussi à réaliser son projet. Elle n’est pas encline au compromis ; elle n’a pas la diplomatie nécessaire pour manœuvrer dans le milieu de la culture littéraire. (…) Elle se sent comme une étrangère dans la culture de son pays. » (Cristina De Stefano, Belinda et le monstre, Vie secrète de Cristina Campo, Éditions du Rocher, Biographie, Monaco, 2006, pp.98-99.)

 

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« L’aube s’organisait au fond d’un paysage de toits et de feuillages. Ce n’était plus un de ces moments de débordement que j’avais si bien connus autrefois et qui, pour un temps court, me guérissait de l’habitude ; ce n’était pas non plus la résignation que j’avais haïe, bien au contraire, mais cet autre sentiment qui se dégageait, fragile peut-être et provisoire, d’être aussi loin que possible de l’agitation et du manège du monde. J’écris ceci qui peut paraître ridicule : je me sentais sauvé. Et il y avait peut-être dans cette certitude qui soudain m’avait envahi (certitude d’être inaccessible), une joie telle que j’avais la nette sensation d’avoir trouvé ma voie, je veux dire cette sensation de ne plus vivre honteusement raccroché à quelque tromperie. Et alors sentant que j’allais pouvoir travailler, la vie me paraissait inappréciable, qui me permettait d’observer, d’éprouver, de comparer ses réactions si différentes mais où je n’entrais plus moi-même, comme si je m’étais retiré du jeu pour voir les derniers effets. En attendant pire. »

Philippe Sollers

Une curieuse solitude (1958)

 

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