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On ne peut en vouloir à une tique. Le sang qu’elle aspire, après avoir piqué, ne lui est pas dû. Elle le prend, répondant à son unique dimension d’insecte parasite. Qu’elle infecte et rende malade ne la conduit pas devant les tribunaux. Il advient que certains êtres humains échappent à l’indifférence générale et soient jugés à l’aune tournante de leur infamie.
(Pour Jean de La Fontaine)
Je me suis offert à la mort à trois reprises cette année. La mort n’a pas voulu de moi.
Je demande aujourd’hui à la mort de prendre (trois de) mes ennemis.
C’est une simple question d’équilibre. De justice.
Si je méritais de vivre, eux ne le méritent pas. Que fais-je sinon répéter que tout est affaire de démographie?
Je crois à la puissance de la Parole.
Que soient châtiés les sycophantes et les simoniaques, les bas quémandeurs et les sous-vivants!

On pense seul. Toujours. Penser excommunie. La pensée est l’acte le plus antisocial qui soit. Socrate est condamné ; Lucrèce se donne la mort. Toute pensée est à la fois dangereuse pour qui l’émet et pour qui la reçoit. Peu se trouvent dans l’un ou l’autre de ces cas. Tout est mis en place aujourd’hui pour que l’on ne pense plus. Le Gros Animal peut dormir tranquille, qui a rendu cet acte obsolète, obscène, immoral, impardonnable. La Société ne pardonne pas à l’asynchrone.

« L’oeuvre est l’interlocution introuvable de la pensée. Écrire pense. À un certain degré de pensée on ne peut plus distinguer ces verbes mais seulement leur ordre. Penser n’écrit pas. Écrire pense. Écrire trouve ce que  celui qui a écrit ne pourrait penser sans l’oeuvre écrite. »

Pascal Quignard

Mourir de penser

(Dernier royaume, Tome IX)

« Seul vit ce qui combat pour la vie. Seul l’homme en guerre est un homme vivant. Lui seul connaît le poids des mots et celui du silence, ciel et terre ne font qu’un pour lui, vivre sa mort c’est sa vie. »

Maître Crux

Inuuniq,

La vie.

J’entends,

La nuit unique.

Aajuiliqtuq,

La mort.

Je crois entendre :

L’âge joui qui tue.

J’écoute votre langue en sa musique,

Ô mes amis Inuit,

Ô vous les Hommes,

Qui savez le sens du mot TERRE.

À moi qui ne la sais pas,

Qui n’ai jamais foulé cette neige,

L’unique paradis, elle parle haut,

Avec justice et dignité.

 

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, inédit.

 

Tout est tellement étanche et prévisible.

Les petites saletés qui font les guerres ; le plaisir de blesser la chair et l’âme ; l’abjection polymorphe des bourreaux protéiformes ; les néo-nomothètes du Bonheur, du Bien et du Vrai. Ah! les imbéciles qui jubilent d’avoir gagné ; ah! le détestable on des hordes grégaires, leurs certitudes bovines et leur babillage chafouin ou tapageur! Ah! les misérables ménestrels qui mélodisent leur marche vers le rien!

Notre faiblesse devant cela. La nôtre, oui, car, comprenez-vous, Dieu n’a pas le Temps.
 
Que peut le plus digne des renards devant une forêt de bulldozers?
 
Il est enragé.
 
Jacques Crickillon, dans Babylone demain : « Le Monde est ce qu’il a fait de toi. »
 
Tout de même, j’aurai lu quelques livres, vu la Beauté & la Justice dont les Rares sont capables. J’aurai aimé. On n’aime jamais assez, souvent trop, parfois qui l’on ne devrait pas. Tout de même, j’aurai adoré le Temps. Compris au moins cela.
 
Et la conscience qui s’acharne. Elle parle haut ou susurre : Pourquoi, pauvre fou?
 
Ô le nombre des lâches, des renonçants et des silencieux qui rendent les catastrophes possibles!
 
Doit-on vraiment redouter de quitter tout cela?
 
Cette attente vaine devant le brasero des miradors?
 
Ce guet à la lisière des mondes?
 
Ce combat obstiné quand tu sais que tous périssent quand même ils n’appellent pas la mort sur eux?
© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, inédit.

« Un historien qui fait le lien entre aujourd’hui et hier est un résistant. »

Anne Dufourmantelle

« Qui chasse le nanuq blessé, ne peut espérer qu’errance glacée et mort indigne des Hommes. »

Vieux proverbe inuit

« Les petits esprits, nourris aux basses ambitions, progressent sur deux jambes bancales  : l’ingratitude et la trahison. C’est la raison pourquoi tôt ou tard ils ne manquent jamais de tomber. »

Li Yu