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Posts Tagged ‘Léonard de Vinci’

« Il y avait d’ailleurs une beauté cosmique étrangement apaisante dans le paysage hypnotique où nous glissions et plongions fabuleusement. Le temps s’était égaré dans les labyrinthes laissés en arrière, et ne s’étendaient autour de nous que les vagues en fleurs de la féerie et le charme retrouvé des siècles disparus – bosquets vénérables, fraîches prairies bordées de fleurs automnales aux couleurs éclatantes, et de loin en loin petites fermes brunes nichées parmi des arbres énormes au pied d’à-pics verticaux couverts d’églantiers odorants et d’herbe des prés. Le soleil même prenait un éclat prodigieux, comme si tout le pays baignait dans une atmosphère ou une exhalaison tout à fait exceptionnelles. Je n’avais jamais encore rien vu de pareil, sauf dans les perspectives magiques qui forment parfois l’arrière-plan des primitifs italiens. Sodoma ou Léonard ont conçu de ces étendues, mais seulement dans le lointain et à travers les cintres d’arcades Renaissance. Nous creusions notre chemin en chair et en os à l’intérieur du tableau, et il me semblait trouver dans sa nécromancie un savoir ou un héritage inné, que j’avais toujours cherché en vain. »

Howard Phillips Lovecraft,
Celui qui chuchotait dans les Ténèbres (1930)

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Christophe Van Rossom s’entretiendra avec Philippe Berthier, à la faveur de la parution de sa biographie 

Stendhal : vivre, écrire, aimer.

 

« J’ai écrit les vies de plusieurs grands hommes : Mozart, Rossini, Michel-Ange, Léonard de Vinci. Ce fut le genre de travail qui m’amusa le plus. Je n’ai plus la patience de chercher des matériaux, de peser des témoignages contradictoires, etc. ; il me vient à l’idée d’écrire une vie dont je connais fort bien tous les incidents. Malheureusement, l’individu est bien inconnu : c’est moi. » Ainsi s’exprimait, en janvier 1831, un certain Henri Beyle, homme de lettres ayant adopté depuis une quinzaine d’années le pseudonyme étrange de Stendhal, semblant dissimuler au cœur d’une vallée allemande un léger effluve de scandale. En dépit de nombreux livres et essais variés déjà, il n’est guère remarqué. Seul Balzac, à la faveur d’un article, verra. Cette révolution de 1822, qui se nomme De l’Amour, est passée totalement inaperçue. Il est vrai qu’à la même époque on préfère adopter les postures lamartiniennes prescrites par les Méditations poétiques. (suite…)

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