Feeds:
Articles
Commentaires

« Tout aura lieu sur fond de nuit : sur le point de mourir, malgré le peu de poids de ces mots, leur peu de substance, le peu d’importance de l’événement, le condamné voudrait encore décider seul du sens de ce que fut sa vie – écoulée sur fond de nuit qu’il voulut épaissir non illuminer. »

Jean Genet

« Je suis pour ceux que j’aime une provocation. »

Georges Bataille

Christophe Van Rossom s’entretiendra avec Jean-Paul Goux, à la faveur de la parution de son dernier livre, Le séjour à Chenecé (ou Les Quartiers d’hiver, III).

En une rentrée placée, une fois de plus, sous le signe de romans prosternés devant la banalité ou la sordidité du réel, vides de style comme de profondeur, il est heureux de pouvoir reprendre, tranquillement, pour en jauger la valeur, les exceptions, tout de même, qui se sont manifestées au cours de l’année littéraire.

Lorsqu’au surplus la splendeur s’invite au rendez-vous, page après page, l’on se dit qu’il serait injuste de ne pas tenter de la partager. Lire la suite »

« Nous savons que les hommes n’ont pas d’âme. Si seulement ils avaient un peu de tenue! »

Gottfried Benn

« On me tient pour l’ennemi du bonheur. C’est juste si par « bonheur » on entend le contraire de la passion. Mais si le bonheur est une réponse à l’appel du désir et si le désir est le caprice même, alors le bonheur seul est la valeur morale. »

Georges Bataille

« Exister consiste à résister. »

Germaine Tillion

« Nous devons renoncer à connaître ceux à qui nous lie quelque chose d’essentiel ; je veux dire, nous devons les accueillir dans le rapport avec l’inconnu où ils nous accueillent, nous aussi, dans notre éloignement. L’amitié, ce rapport sans dépendance, sans épisode et où entre cependant toute la simplicité de la vie, passe par la reconnaissance de l’étrangeté commune qui ne permet pas de parler de nos amis, mais seulement de leur parler, non d’en faire un thème de conversations (ou d’articles), mais le mouvement de l’entente où, nous parlant, ils réservent, même dans la plus grande familiarité, la distance infinie, cette séparation fondamentale à partir de laquelle ce qui sépare devient rapport. Ici, la discrétion n’est pas dans le simple refus de faire état de confidences (comme cela serait grossier, même d’y songer), mais elle est l’intervalle, le pur intervalle qui, de moi à cet autrui qu’est un ami, mesure tout ce qu’il y a entre nous, l’interruption d’être qui ne m’autorise jamais à disposer de lui, ni de mon savoir de lui (fût-ce pour le louer) et qui, loin d’empêcher toute communication, nous rapporte l’un à l’autre dans la différence et parfois le silence de la parole. »

Maurice Blanchot

« Cette notion de la grâce n’est pas absurde, si on la réduit à des proportions humaines, Dieu éliminé. La grâce alors c’est la force, c’est le talent, c’est le génie, c’est la beauté, l’esprit ou la belle humeur. La grâce est un fait, Renan employa plusieurs fois ce mot fort à propos. »

Remy de Gourmont

« Il faut engager une lutte – à fonds perdu – contre le social. Mais ne surtout pas l’engager un contre tous. Ne surtout pas l’envisager comme un bouc émissaire qui en assurerait l’unanimité en amoncelant les pierres dans les mains tendues de tous ceux qui le visent. Il ne s’agit pas d’engager une lutte inégale pour y périr. Il faut engager une vie secrète où survivre. Ce sont les mots de La Boétie avant qu’il meure, avant que son ami le trahisse, avant que Montaigne renonce à le publier, avant que l’oubli le gagne. C’est Spinoza excommunié, banni, fugitif, libre, polissant le verre des loupes pour voir de plus près le bonheur qui anime la terre sous le monde humain et contempler le plus longtemps possible l’explosion originelle qui se poursuit au fond de la voûte céleste. Certains hommes s’échappent du mythe, crèvent la servitude volontaire, errent à la périphérie du “Tous les hommes”. »

Pascal Quignard