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Archive for the ‘Arsenal’ Category

« Vivre, oui, mon cher ami. Il n’y a rien de plus – rien de moins – à faire. Quant à être heureux, c’est terriblement difficile, exténuant. Comme de porter en équilibre sur la tête une précieuse pagode, toute de verre soufflée, ornée de clochettes et de frêles chandelles allumées ; c’est continuer à accomplir, heure après heure, les mille gestes obscurs et pesants de la journée sans qu’aucune lumière ne s’éteigne, sans qu’aucune clochette ne rende une fausse note. »

Cristina Campo
Mon esprit ne vous lâche pas
(Lettres à Gianfranco Draghi et autres amis de la période florentine)
Biblioteca Adelphi, 583.

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« Manquer à la joie, c’est manquer à l’être. »

Jean-Paul Michel

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« Si par une soirée tranquille à ma fenêtre, je pense à de vieux amis tout en contemplant la lune, et si j’entends les cris du singe, je mouille ma manche de mes larmes. Lorsque, sur les buissons, je vois des vers luisants, c’est comme si j’apercevais au loin les feux de pêche de Makishima, et le bruit de la pluie matinale ressemble bien à celui du vent qui secoue les feuilles des arbres. Quand j’entends l’appel des faisans, j’ai l’impression d’entendre mon père ou ma mère, et si je constate que même les cerfs des sommets de la montagne s’approchent tout près de moi sans crainte, je comprends à quel point je suis loin du monde. Quand je m’éveille et ranime le feu qui couvait sous la cendre, j’y vois comme un compagnon fidèle de mes vieux jours. Je ne suis pas dans une montagne bien terrible ni déserte, mais alors que la simple voix du hibou suffirait à m’émouvoir, que dire de ces paysages de montagne, infiniment variés selon les saisons ! Il faut ajouter que l’intérêt d’une pareille vie ne pourrait que s’accroître encore pour quelqu’un qui approfondirait ses pensées et essaierait d’acquérir un savoir profond. »

Kamo no Chômei (1155-1216),

Notes de ma cabane de moine (1212)

(Trad. Réverend Père Sauveur Candau)

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« Ce monde est sans accueil. Aucun dieu ne montre, ni n’appelle. Toute oeuvre véritable, comme tout individu véritable, est d’abord « ce qui n’est pas ». N’étant pas conforme à rien de ce qui est déjà, ce qui n’est pas encore ne correspond à rien. Il faut oeuvrer à partir de ce qu’on ne sait pas pour atteindre on ne sait où.

Aucun maître et aucune critique ne sont à suivre.

Il n’y aucune étude de marché à instrumenter pour s’assurer que ce qui n’est pas ne sera pas attendu par ceux qui l’ignorent.

Il n’y a aucune science possible, conseil possible, volonté possible pour ce qui n’est pas. Aucune étoile ne guidant , il faut suivre fermement l’étoile absente du langage. »

Pascal Quignard

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« Lorsqu’une société est dans l’attente de l’événement qui doit la supprimer, quand la peur, la détresse, la pauvreté, la déshérence et l’envie de tous contre tous sont parvenus à un état de maturité, comparables à des fruits dans la chaleur, une expression secrète et avide apparaît sur la plupart des traits des vivants qu’on rencontre dans les rues des villes qui sont les nouvelles forêts. Les visages qui nous entourent portent cette tristesse et manifestent ce silence qui se tend. Ce silence, malgré l’Histoire, c’est-à-dire à cause du mythe de l’Histoire, est toujours dans l’ignorance de sa ferocia. Les sociétés occidentales sont de nouveau dans cet état de terrible maturité. Elles sont à la limite du carnage. »

Pascal Quignard

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« Ce qui vient au monde pour ne rien déranger ne mérite ni égard ni patience. »

René Char

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« J’aime les viandes juteuses, les eaux profondes, les styles où l’on en a plein la bouche, les pensées où l’on s’égare. La vie! la vie! bander, tout est là! c’est pour cela que j’aime tant le lyrisme. »

Gustave Flaubert

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« Nous ne respectons rien de ce qui fait barrage à la poésie. Et nous rions de ceux qui pensent qu’elle est un luxe. La déflagration qu’avec patience nous attendons, et qui seule à nos yeux est digne de troubler l’ordre du monde, ne se déclenche qu’avec la poésie : un détail agissant soudain sur des milliers d’esprits vivants illumine par ses prolongements jusqu’au monde des morts, c’est lui qui allume la mèche. »

Yannick Haenel,

Les Renards pâles (2013)

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« On dit que le monde est hanté? Non : il revient, et ce retour incessant transporte avec lui des noms. Réveiller les noms des morts est déjà une déclaration de guerre. »

Yannick Haenel,

Les Renards pâles (2013)

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« Lorsque vous portez en vous un désert, vous cherchez une transparence capable d’en effacer la rudesse : vous allez vers l’eau. L’univers ne vous sera jamais familier ; un vent froid soufflera toujours, pour les nantis aussi bien que pour les offensés, et ce vent oblige à lutter : il n’y a pas de répit, pas de maison, pas d’origine ; il n’y a que la lutte – c’est-à-dire la parole. »

Yannick Haenel,

Les Renards pâles (2013)

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