Deux livres sont là, à me faire signe, sans cesse, sur la table de lecture, agitant mes jours et mes nuits. Le dernier paru est le versant sombre de l’autre, lequel prolonge l’ekphrasis infinie entamée par l’écrivain depuis La Ruine de Kasch. En 2016, paraissait Il Cacciatore Celeste ; aujourd’hui sort L’Innomabile Attuale. Penseur parmi les plus décisifs de notre temps, Roberto Calasso définit les lignes de partage, désigne du doigt ce que nous ne voyons pas, et, condamnant notre religion de l’horizontalité, ouvre à la plus salubre verticalité.
Archive for the ‘Nulla dies sine linea’ Category
Posted in Alliés substantiels, Bibliothèque de guerre, Notules, Nulla dies sine linea, Préférences, tagged Il Cacciatore Celeste, L'innomabile attuale, La Ruine de Kasch, Roberto Calasso, verticalité on 6 octobre 2017| Leave a Comment »
Parole d’Orion
Posted in Nulla dies sine linea, tagged Cédalion, ombres, Orion on 27 septembre 2017| Leave a Comment »
Cédalion voit ; les ombres parlent.
Le nouvel amour
Posted in Macles, Nulla dies sine linea, tagged Armes & bagages, beauté, Charités, Gnose, Le nouvel amour, Rares on 27 septembre 2017| Leave a Comment »
Matin pris en pleine gueule, dans le bouillon de la migraine qui détricote le regard et matraque la concentration. Lumière de poignard dans les yeux. Hallucinations olfactives. Avec les rêves étranges, là, qui parlent encore et exigent que l’on revienne à eux. Éveil mauvais. Deux heures désormais pour m’extraire de la gangue dure des drogues sans lesquelles je ne puis dormir. Et puis c’est la nuque qui vocifère ses quatre vérités arthritiques, et mon bras qui se refuse désormais à toute innocence, et cette cinquième lombaire qui irradie sa décrépitude douloureuse.
Je viens à toi, ô jour, parce que sur cette planète quelques Rares le méritent ; parce que la Beauté est rien moins qu’un mot vide. Je viens à toi parce qu’il y a lieu de poursuivre le combat, dans l’écart. Je viens à toi pour continuer de rencontrer le Temps, ma gnose demeurerait-elle sans écho.
Je viens à toi, ô nuit dans le jour et jour dans la nuit, pour honorer sans fin la caresse des Charités.
© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.
Parole d’Orion
Posted in Nulla dies sine linea, tagged Orion on 26 septembre 2017| Leave a Comment »
Lorsque je marche face au soleil, sans nombre sont les ombres qui précèdent mes pas.
Pour saluer Fernand Verhesen
Posted in Nulla dies sine linea, tagged Fernand Verhesen, intelligence, justesse, Justice on 21 septembre 2017| Leave a Comment »
Il est aisé d’être intelligent, encore faut-il être juste.
Posted in Nulla dies sine linea on 12 septembre 2016| Leave a Comment »
On ne tapine pas avec l’humour.
Avec Yves Bonnefoy, toujours
Posted in Alliés substantiels, Au fil des jours, Nulla dies sine linea, Préférences, tagged Baudelaire, Bergers d'Arcadie, Dante, Giacometti, Homère, Hubert Robert, Mallarmé, Nerval, Nicolas Poussin, Racine, Rimbaud, Shakespeare, Virgile, Yves Bonnefoy on 2 juillet 2016| Leave a Comment »
J’apprends, au lever, avec un vertige qui ne me quitte pas, que Yves Bonnefoy a rejoint hier l’énigme que tentent de déchiffrer les Bergers d’Arcadie. Il fut et restera un très haut maître et un ami depuis plus de vingt-cinq ans, avec qui j’eus l’immense chance de parler encore et que je pus ensuite écouter, très intense comme toujours, il y a quelques mois à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. Nos conversations sont des lampes qui viennent soudain de toutes se rallumer au même instant.
(…) (suite…)
Posted in Nulla dies sine linea on 12 juin 2016| Leave a Comment »
T’es-tu déjà posé la question de savoir ce que tes livres pensent de toi? Les dieux ne sont plus – mais les livres sont là, qui nous déterminent ; nous élèvent parfois ; nous jugent toujours.
In somnis
Posted in Nulla dies sine linea, tagged Jacques Crickillon, Les Damnés, Paul Celan, Rêve, Visconti on 16 octobre 2015| Leave a Comment »
Rêve abstrus d’un séjour d’études à l’étranger, en un pays où soudain des Nazis prennent le pouvoir. Mes souvenirs me trouvent nu sous une douche commune, dans une étrange maison moderne. J’y ai pris – à quel titre? – la défense des intérêts de son propriétaire – mes cousins sont là ; la maison à des allures de grand hôtel – en m’opposant à un voisin mafieux au comportement malsain et intrusif. Bientôt, la menace croissant, il me faut la fuir au travers de galeries commerciales ou de stations de métro qui m’évoquent à la fois Bruxelles, Paris et Berlin. Enfin, je trouve refuge dans une église, durant un office, mais j’y suis arrêté par un Nazi. Il m’explique avec une courtoise affectée qu’un camarade et moi devons le suivre. Je ne résiste pas – comment le pourrais-je? – mais détourne le regard d’un troisième camarade qui est parvenu à échapper à la vigilance de cette milice, pour le protéger. L’accent de l’homme qui m’emmène est alsacien et son discours se veut par trop rassurant sur mon avenir. Il me précise qu’il est végétarien, comme pour me mettre davantage à l’aise. Je suis d’ailleurs reconduit dans la belle maison, mais elle est désormais occupée par des militaires, à l’image des environs. Tandis que d’autres prisonniers et moi-même recevons des petits carnets format carte postale où l’on peut lire des pages manuscrites mal reliées, notre tâche nous est précisée. Alors que je reconnais l’écriture de Jacques Crickillon, il nous est demandé, « quand nous en avons le temps », de rédiger un rapport sur le contenu de ces pages. Nous devons y chercher des preuves – mais sans que nous ne parvenions à saisir de quoi au juste. De retour, dans ma chambre (laquelle a été visiblement fouillée), j’ouvre un paquet contenant quelques sucreries (ce dont je ne suis pas du tout friand) en provenance de Bruxelles. Je crois comprendre qu’elles m’ont été adressées par mes parents. Sur un mot qui l’accompagne ou sur un fragment de journal, je lis cette date : 1942. L’attention impossible plus sûrement que la découverte me fait fondre en sanglots – et je m’éveille, dérouté et anxieux. Je songe aux Damnés, de Visconti, et à Paul Celan.
Posted in Nulla dies sine linea on 6 juillet 2015| Leave a Comment »
Les théories de l’être, de l’essence ou de l’étant à la longue lassent. La religion sociale et son clergé sociologique sont balivernes à crever de rire. L’appétit du bas monde pour la bassesse polymorphe et la médiocrité cynique, l’absence d’altitude et l’inintelligence repue et replète, ne sont pas davantage de notre goût. J’émets cette proposition, quelques fois formulée déjà, que la vie – qui est davantage que l’existence – ne se conçoit bien qu’énoncée comme un Art de l’Imaginaire.