« La vie met longtemps à devenir courte »
« Ne soyez pas intimidé par votre bibliothèque ou découragé par le nombre de livres que vous devriez lire. La liste qui précède est faite pour que vous choisissiez à loisir ; personne n’est supposé tout lire de bout en bout. Mais cependant ne vous arrêtez jamais.
Le but d’une lecture intelligente est votre instruction. Cela fera mieux que de vous aider à passer le temps ; la lecture changera la nature de vos relations à autrui ; elle déterminera en vous des perceptions plus rapides, de nouveaux concepts et de nouvelles formes de pensée, car sa fonction principale est de vous éveiller. Et grâce à la lecture vous découvrirez en vous-même et dans le monde des possibilités nouvelles. »
H. P. Lovecraft
Suggestions pour un guide du lecteur (1936)
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« La vaillance, l’hygiène de l’esprit, la rigueur dans l’apprentissage du savoir, le don sans retour, la maîtrise de soi, les nécessaires sacrifices, l’étude sacrée, la sévérité, la simplicité ; le refus de la cruauté, le vouloir du vrai, la patience, l’effort sur soi, le calme, l’intégrité, la sympathie envers toutes les créatures, le désintéressement, la douceur, la pudeur, la détermination équanime ; la force, l’endurance, la volonté, la pureté, la bienveillance, l’humilité, tels sont, ô Bhârata, les noms de qui est destiné au divin. »
Bhagavad Gita, XV
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« Sécunda dit : « Ce que je suis, je veux l’être » »
Actes des martyrs scilitains
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Yves Bonnefoy nous a quittés au début de l’été.
Aujourd’hui, le sculpteur Ousmane Sow décède à Dakar.
Il y a quelques semaines le Prix Nobel de littérature est attribué à Bob Dylan, qui l’accepte, et Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Le raz-de-marée est sans précédent. La carte des States est rouge à l’exception de quelques îlots bleus sur les côtes. L’extrême-droite européenne est la première à saluer cette victoire. Kim Jong-un ne se tenait plus d’aise en lui adressant son télégramme de félicitations.
J’ai sous les yeux une photo de Vladimir Poutine. Il monte un cheval torse nu.
En France, le catholique François Fillon, inféodé à Poutine, est adoubé par la Droite. À cette heure, il paraît impossible qu’il ne devienne pas le nouveau président de la République après que l’inexistant Hollande aura fait ses valises. Lire la suite »
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« La liberté est devenue le mot le plus prostitué de l’histoire des mots et l’Occident est son meilleur client. La liberté est la providence des fainéants, des parasites, des escrocs, des lâches, des mendiants, des médiocres, des assistés, des irresponsables et des dominateurs. La liberté est aujourd’hui, dans nos sociétés vermineuses, l’objection majeure à la liberté de l’esprit. Dans nos démocraties à genoux, la distribution de la liberté s’ordonne comme autant d’éléments épars d’un conditionnement global. La liberté pratiquée par des peuples ou des individus dont la vie intérieure n’est plus rien, sinon l’entonnoir par où s’engouffre la pléthore des invitations à n’être effectivement rien, tout ce que l’imagination moderne produit, à profusion, comme techniques de déliquescence, cette liberté-là a cessé d’être le modèle sur lequel eût pu se fixer le regard des enchaînés, en pays totalitaire. »
Marcel Moreau, Monstre (1986)
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Il faut prendre M.G. Dantec au sérieux. Jusque dans ses excès ; jusque dans ses travers. Et il faut le faire car, dans le monde bien tranquille des lettres françaises, Dantec oblige à repenser de fond en comble le rapport de l’écrivain au monde, en fonction des mutations que celui-ci a subi sur les plans technologique, scientifique et géopolitique.
Parfaitement inclassables, les pavés de Dantec ne gênaient pas tant qu’il se contentait de brouiller les cartes dans le domaine du polar (avec La Sirène rouge ou Les Racines du Mal) ou de la S-F de tendance cyberpunk (avec sa nouvelle Là où retombent les Anges, que reprend notamment Périphériques, ou son monumental Babylon Babies). Mais depuis la publication du Théâtre des Opérations, son journal métaphysique et polémique, qui compte à ce jour deux volumes, l’homme, en exil volontaire au Canada depuis la fin du siècle passé, n’hésite plus à ruer dans les brancards, en théorisant son activité comme un art de la guerre destiné à tout remettre en cause et à tout attaquer au besoin. « Nous avons oublié que le mot style venait d’un synonyme de poignard. Il faut refaire du français une langue de guerrier, un jeu d’escrime, un art martial. Un écrivain est un tueur. Sinon… qu’il peigne des aquarelles. », grogne-t-il ainsi dans le long entretien qu’il accorde à Richard Comballot, le maître d’œuvre du volume de mélanges que publie Flammarion. Lire la suite »
Publié dans Bibliothèque de guerre, Champs du possible, Uncategorized | Tagué Aminadab, Babylon Babies, Blanchot, Bloy, Darwin, Deleuze, Dick, Ellroy, Klossowski, La Sirène rouge, Là où retombent les Anges, Le Baphomet, Les Racines du Mal, M.G. Dantec, Nietzsche, Périphériques, Théâtre des Opérations, Villa Vortex, Zohar | Leave a Comment »
« L’homme hait l’homme. La haine est le lien le plus fort entre les hommes : c’est la revanche de l’individu contre les liens du collectif »
René Daumal
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Hommage à Marcel Moreau, à la librairie Quartiers latins, à midi, ce samedi 17 septembre 2016, à la faveur de la parution de son livre Un cratère à cordes. L’auteur s’entretiendra avec Christophe Van Rossom. Des lectures, effectuées par mademoiselle Émilie Pothion, viendront ponctuer cette rencontre.
« CORPS VERBAL dans CORPS CHARNEL, indissociables, écrivant ici présentement d’une même main, au bout d’une bousculade d’impulsions dans le plus « pur » style des retournements d’entrailles, un LIVRE, après tant d’autres, d’égale mordacité, mais celui-ci, peut-être, peut-être, ayant en plus de vouloir dire quelque chose d’inouï, avant sa Mort, chtch, chtch, chtch «

Marcel Moreau, vu par Sandrine Lopez, Paris, 2015.
« CORPS comme se « fanatisant » soudain de mots intraitables, à cette différence près que lesdits mots sont d’essence libertaire, tels les éléments d’une transcendance ne tenant pas en place, et calibrés pour s’opposer sans nuance au vocabulaire carcéral des discours concentrationnaires, pas si rares que ça si l’on songe aux faibles d’esprit qui trouvent matière à s’en fasciner durablement. »
Renvoyant dos à dos systèmes et idéologies, et vitupérant avec style contre les institutions qui affadissent, avachissent et neutralisent, l’œuvre violencelliste de Moreau semble l’expression toujours renouvelée d’un individu soucieux de convertir le tout de la chair en verbe, et de faire de ce verbe l’occasion d’une insurrection vibrante de la chair. Cherchant sa vérité dernière dans les tréfonds et les failles, si elle s’est longtemps définie comme un inhumanisme, peut-être cherche-t-elle davantage aujourd’hui à rendre à l’homme ce qui lui manque le plus : la volonté lyrique d’en être vraiment un, quand bien même ses secondes seraient-elles comptées. Lire la suite »
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