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La Justice d'Othon, de Thierry Bouts

La Justice d’Othon (vers 1473), de Dirk Bouts

J’apprends ce matin, au détour d’une rubrique nécrologique, le décès de l’un de mes maîtres les plus savants et les plus doux, l’un de ces hommes sans qui je ne serais pas l’être que je suis devenu. Paul Philippot n’est plus. Le matin du 15 janvier dernier, il a préféré prolongé son rêve d’art et de renaissance toujours florissante.

Bien que je n’aie pas été de ces proches, le ventre me serre tandis que je lis l’hommage que l’ICCROM lui consacre, mais surtout les très belles lignes que lui dédient Thierry Lenain et Didier Martens, ainsi que Brigitte d’Hainaut-Zveny, sur le site Koregos.

Il fut, à l’Université, l’une de mes rares respirations, et, assurément, la source de connaissance sensible la plus incontournable. Non seulement pour pouvoir suivre ses cours, mais aussi pour avoir le bonheur de dialoguer avec lui, je sollicitai de la part du recteur une dérogation insolite : celle de passer la majorité des examens de mes cours à option, non pas dans la section où j’étais inscrit, mais en Histoire de l’Art. Je voulais être jugé à l’aune de ce que je valais par qui me semblait le plus digne de m’y juger. (suite…)

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Il n’est de poésie qui vaille que du Nom exact.

Le Nom exact d’Etre est Chance.

C’est calomnier la chance d’être que se plaindre.

Fasse taire, oiseau de malheur, la calomnie née de ta fatigue,

Ou de quelque méprise superficielle.

Etre est Beauté.

Il n’est de gloire qu’à Saluer.


« Une pensée n’est juste, comme on dit qu’une voix est juste, que si elle est un chant. », estimait Roger Munier.

Saluée dès les premiers livres par des voix aussi diverses que celles de Roland Barthes, Louis-René des Forêts, Jean-Luc Nancy, André du Bouchet, Pierre Bergounioux, Mathieu Bénezet ou Michel Foucault, l’œuvre poétique de Jean-Paul Michel – à la fois pensée comme chant et chant comme pensée, pour employer une formule avec laquelle il définit la poésie de Hölderlin – le prouve avec éclat. Qu’elle ait suscité l’intérêt de philosophes autant que de poètes ou de prosateurs n’est donc pas fortuit.

Aujourd’hui, alors qu’elle couvre déjà pas moins de trois décennies, et que viennent de paraître à quelques années d’intervalle Bonté seconde, un cahier d’hommages, d’entretiens et d’inédits dirigé par Tristan Hordé à l’enseigne de Joseph K, mais surtout, chez Flammarion, Le plus réel est ce hasard, et ce feu et de Défends-toi, Beauté violente ! qui rassemblent l’essentiel de sa poésie jusqu’en 2000, un regard d’ensemble sur le massif qu’elle constitue est donc désormais pleinement possible. (suite…)

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