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Posts Tagged ‘imagination’

La meilleure réponse sans doute à donner à l’une des questions que la presque totalité des êtres humains a complètement vidée de sens : « Comment allez-vous? », est formulée par le personnage d’Amy Farrah Fowler. À cette civilité devenue cliché, très tôt après sa première apparition dans la série à succès Big Bang Theory, son intégrité et sa logique de matérialiste athée la poussent à répondre ceci : « Comme tout le monde, sujette à l’entropie, au déclin et finalement à la mort. »

Intelligence et drôlerie à froid d’une réplique magistralement servie par Mayim Bialik, comédienne remarquable, mais également docteur en neurosciences, soit, léger vertige d’une mise en abîme existentielle, le rôle même qu’il lui faut interpréter là.

Toutes ces perles, les noter. La pertinence est partout. Ô l’art précis, précieux, de dénicher! Esseulé, je continue cependant de croire que des contre-sociétés paucitaires restent possibles, pourvu que l’imagination souveraine continue d’habiter quelques cerveaux dans les ruines de la civilisation, où les diurnes errent, effectuent des tâches, et vieillissent, dans l’hébétude, sans connaître qu’il est d’autres univers, comme il est plus d’une modalité de vivre.

 

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Ni le repos, ni la conscience. Ni la vie, ni la mort. Seulement une apparence. La femme, l’ami, l’enfant ne sont plus la femme, l’ami, l’enfant. Ne sont plus femme, ni homme, ni enfant. La contamination menace à chaque instant. Il est improbable que l’on puisse longtemps y échapper. La vie n’est qu’une question de secondes. La pensée, les valeurs vacillent, chutent, agonisent. Il n’y a pas de survivants. Le chacun pour soi – cette guêpe première – domine. Son exercice sauve, pour un temps. Toute humanité fond. En quelques jours, quelques semaines, quelques mois tout au plus. Je suis, encore un peu, parce que tu n’es plus là.

On évolue sans raison en attendant de pouvoir ingérer ce qui semble pouvoir l’être. Que sommes-nous, derrière le voile de la civilisation? Une fois, qu’il s’est déchiré ?

De la viande qui marche. Une souffrance qui s’efforce de demeurer éveillée, qui cherche à esquiver l’inévitable métamorphose. L’on trimbale son barda. Armes & bagages. Pour s’efforcer de vivre au-delà du survivre – ô le luxe des batailles, jamais victoires, remportées. Ô l’abjecte géométrie de l’inégalité : la masse contre les seuls.

La zombification, c’est le démocratisme, l’égalitarisme, généralisés. Plus aucun désir singulier, mais une unique préoccupation : dévorer de la chair vivante. La foule, toujours partout, lente et stupide, animée d’une unique pulsion. Force de destruction sans limite, insensée. Du bruit, là : et c’est vers cet endroit que l’on se dirige. Une galerie marchande : l’unique église néante pour une humanité morte.

Ne voit-on pas ce qui se révèle dans ce miroir où ne se lit que pure pulsion de consommation ? Où plus aucun visage ne signale intelligence, nuance, imagination ou désir?

 

 

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.

 

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« Tu dois les ARRÊTER, Flex. Ils sont en train… d’exterminer l’Imagination et… l’Étrangeté…

Ils construisent des Camps de la Mort pour nos Rêves. »

Grant Morrison

Doom Patrol #44, May 91

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« Littérature sans imagination n’est point littérature, mais l’imaginaire n’est l’imaginaire que s’il se porte aux extrêmes. C’est que, sachez-le, les choses les plus extravagantes contiennent les plus hautes vérités. La logique de l’imagination la plus débridée est celle des vérités les plus profondes. Mieux vaut parler de Mâra que de Bouddha, car les démons ne sont autres que nous-mêmes. Nous ne sommes Bouddha qu’en nous transformant ; avant de le devenir, nous sommes tous démons. Bouddha et Mâra sont de force égale : ce qui les sépare ne tient qu’à un fil, un cheveu qui n’est pas mince affaire. »

La Pérégrination vers l’Ouest,

de Wu Cheng’en (XVIème  siècle)

 [Préface de Yuan Yuling (1592-1574), Extrait]

 

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