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Posts Tagged ‘Sebald’

Christophe Van Rossom prononcera une conférence intitulée :

W. G. Sebald

Portrait du promeneur mélancolique

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Printemps 1944. L’Allemagne nazie connaît ses dernières heures et se trouve sur le point de subir les vagues répétées de bombardements sans  précédent. C’est dans ce contexte d’apocalypse que naît Winfried Georg Maximilian Sebald. Toute sa vie, il abominera son premier prénom, au point de le réduire à une énigmatique initiale, préférant de loin se faire appeler Max par ses proches et par ses amis.

Il est vrai que Sebald ne tardera pas à  quitter un pays dont il estime qu’il n’a pas osé poser le regard qui s’imposait sur l’abjecte dictature dont il sort et sur la façon dont elle a affectée l’ensemble de la société allemande. Il y a en effet à ses yeux comme une conspiration du silence, une amnésie sélective qui paraît frapper la majorité de ses contemporains à l’égard des années noires de leur histoire récente. Sebald choisit donc l’exil intellectuel et s’installe bientôt à Norwich, en Angleterre, où il enseignera d’ailleurs tout le reste de sa vie – Kafka, Walser, Bernhard, par exemple. (suite…)

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Borges, de loin – de Christian Garcin[1]

  

Il y a, à Adrogué, « une vaste demeure à l’odeur de chèvrefeuille, entourée d’un long mur rose », comme il y a une bibliothèque, celle du père – bibliothèque dont on ne sort sans doute jamais. Il y a Jorge Luis Borges, et il y a l’autre, sur qui l’on écrivit et ne cesse d’écrire, que l’on reçut, honora et continue d’honorer comme l’auteur d’une des œuvres majeures du siècle dernier. Celui qui est devenu à son tour personnage de fictions[2] et prétexte à légendes. Il y aussi un tigre qui traverse toute une vie, quelques regrets discrets, pudiques, et d’infinis jeux d’échos, de miroirs, de correspondances, le tout composant un vaste dédale ironique et érudit.

Afin de ne pas répéter, afin de ne pas s’empêtrer dans des commentaires, stériles ou décevants, Christian Garcin a choisi plutôt de s’établir dans la distance propre à l’admiration, c’est-à-dire dans le jeu. Plutôt que de parler de Borges, ou sur l’œuvre de Borges, fasciné par le mur rose auquel toute sa vie l’Argentin resta attaché, il préfère rôder autour et alentour. Appuyer ou souligner les mystères, les flous, les légendes. Mais aussi, principe de la collection oblige, rappeler les raisons personnelles de son goût pour l’auteur des Fictions. Cela aurait pu être Kafka, sûrement ; cela aurait pu mieux encore être Faulkner (traité par ailleurs merveilleusement par Pierre Bergounioux dans la même collection) ; mais c’est la figure de Borges qui a surgi, finalement, comme une évidence, pour désigner l’autre nom peut-être de la littérature au XXème siècle. (suite…)

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