« Chaque oeuvre véritable repense tout ce qui a parlé, réanime tout ce qui s’est essoufflé, étouffé, refoulé, étranglé et éteint. »
Pascal Quignard
« Chaque oeuvre véritable repense tout ce qui a parlé, réanime tout ce qui s’est essoufflé, étouffé, refoulé, étranglé et éteint. »
Pascal Quignard
Publié dans Arsenal | Tagué Mourir de penser, Pascal Quignard | Leave a Comment »
« Le penseur vit pour le plaisir non seulement d’une recherche sans foi, mais d’une quête sans cause. En ce sens le penseur est le contraire d’un intellectuel. Interrogation pure (sans savoir, sans engagement, sans idéal, sans opinion, sans croyance, sans mission, sans accréditation, sans autorisation, sans gage ni salaire, sans patrie.) »
Pascal Quignard
Publié dans Arsenal | Tagué Mourir de penser, Pascal Quignard | Leave a Comment »
« – N’était Nietzsche, qui reconnut la lecture une faculté particulière de rumination, on ne voit pas que, dans l’époque moderne, on ait fait grand cas du petit nombre de ceux qui n’auront pas été attelés à la noria des terreurs. Ce pas de côté – replacer le symbolique, la reconnaissance de ses opérations et de leurs effets au centre, l’anthropologie et l’épistémologie modernes y invitent. Cela permettrait de laïciser, sans condescendance aucune, sans mépris comme sans illusions, et l’économie et la politique ; de les reconnaître ce qu’elles sont : des arts relatifs de faire avec l’inévitable. – Rien qui permette d’en attendre les félicités sucrées auxquelles béent leurs prosélytes.
Le premier effet de ce déplacement des centres serait de permettre aux hommes d’enregistrer ce qu’ils sont sans emphase. Et, qui sait, peut-être auraient-ils à attendre davantage d’incertitudes rouvertes en conscience touchant leurs possibles, après tant de vérités assénées par des raisons closes sur leur principe, jalouse à ce point de leur unilatéralité ?
Vous n’y pensez pas ! – Des peintres, des poètes, des musiciens – prétendre aller à l’essence humaine ! – Quand nous avons tant de techniciens à la manœuvre, dirigeant la guerre et la paix ! Tant de politiciens et de calculateurs veillant nuit et jour à la continuité de la machinerie !
Comparez le sérieux, la nécessité, l’urgence, la noblesse des deux postulations – voyez de quel côté pencherait la balance.
Bien faible serait le nombre de ceux qui oseraient reconnaître l’existence humaine une fête et un jeu. »
Jean-Paul Michel,
« Introduire un peu d’art dans nos sentiments »,
WILLIAM BLAKE & CO. ÉDIT., Bordeaux, 2014.
Publié dans Arsenal | Tagué anthropologie, économie, épistémologie, Jean-Paul Michel, Nietzsche, politique | Leave a Comment »
« Qu’est-ce qu’on appelle penser? De bello civili interne. Guerre civile intestine. La pensée ne peut s’accommoder de l’exercice d’un pouvoir qui viendrait faire écran à sa curiosité. Cur pur. Pourquoi errant. C’est la faim intellectuelle sans cesse affamée (…).
La pensée ne se distingue pas de la tentative de pensée, c’est-à-dire du voyeurisme sexuel, de la carence, de l’aporie mentale, de la sécession sociale, de la peur excitant le cerveau, du regard animal et vital sur n’importe quelle anomalie qui désordonne le champ. »
Pascal Quignard
Publié dans Arsenal | Tagué Mourir de penser, Pascal Quignard | Leave a Comment »
« L’expérience individuelle, l’otium, la recherche intrépide, l’art, l’étude, l’extase, tout ce qui détache de la famille, tout ce qui émancipe du groupe, tout ce qui libère de la parole parlée, est maudit. »
Pascal Quignard
Publié dans Arsenal, Uncategorized | Tagué l'extase, l'otium, Mourir de penser, Pascal Quignard | Leave a Comment »
Nous ne nous parlons pas. Nous nous efforçons de sortir de nous-mêmes un tout petit peu. En vain. Le don de l’écriture comble parfois le gouffre ; le présent de la lecture y parvient moins rarement. Il n’est de conversation qu’avec les morts ou les livres. Quitter l’inessentiel est en question. La sérénité est toujours une preuve.
Publié dans Nulla dies sine linea | Leave a Comment »
« Il faut étudier, non pas pour savoir seulement ce que les autres savent ; mais pour s’en servir mieux qu’ils ne font. »
Sénèque
Publié dans Arsenal | Tagué Sénèque | Leave a Comment »
Qui place la raison au-dessus de l’intelligence, non seulement se trompe, mais se montre poreux aux plus grands dangers.
Publié dans Nulla dies sine linea | Tagué intelligence, raison | Leave a Comment »
Je ne connais ni le ressentiment ni la nostalgie. Il se trouve en revanche que ma mémoire est bonne. Ayant dilapidé mon héritage chrétien durant l’adolescence, j’ai constaté que mes colères, souvent, se sont avérées justes conseillères et, de longtemps, Monte-Cristo est devenu mon maître en matière de stratégie.
Les Hwarang ouvrent nos vies à la beauté autant qu’à une sagesse martiale. L’Art de la Guerre est un art poétique. Yves Bonnefoy écrit en 1953 : « Je t’appellerai guerre et prendrai sur toi les libertés de la guerre. »
Les airs composés par le Capitaine Tobias Hume rythment mes pas. Il advient qu’au seul nom de Jean Parisot de La Valette, l’émotion m’étreigne soudain la gorge. La silhouette de Michel de Montaigne à cheval, son épée au côté, se détache sur l’ombre des temps. L’épée de Casanova rendant justice au Chevalier de Seingalt insulté est une signature. Les poings d’Arthur Rimbaud ont eux aussi écrit des Poèmes.
Sun Tzu ne quitte jamais ma poche ou ma table de chevet. Il m’apprend à vivre en rendant coup pour coup au néant ennemi. À opposer à son haleine putride le souffle soulevant du Vide. À trancher la tête du courtisan qui prend le risque de ne pas comprendre. À frapper au cœur toute adversité imbécile.
Nos bouches, nos gestes, nos attitudes se ressemblent tellement aujourd’hui. Tout est toujours si prévisible.
Je n’appartiens qu’au cercle tracé par mon sabre sur le sable que déplacent les vents.
Armes & bagages, à paraître.
Publié dans Macles | Tagué Armes & bagages, Art de la Guerre, Casanova, Chevalier de Seingalt, Hwarang, Jean Parisot de La Valette, Michel de Montaigne, Monte-Cristo, Rimbaud, Sun Tzu, Tobias Hume, Yves Bonnefoy | Leave a Comment »
« Dieu a tout fait de rien, mais le rien perce. »
Publié dans Arsenal | Tagué Dieu, Paul Valéry | Leave a Comment »