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« Je sais, l’increvable soleil de la médiocrité n’a pas fini de fasciner. Mais, s’il est un moyen d’y échapper, voire de le combattre, ne serait-ce pas de commencer à regarder ailleurs et autrement? »

Annie Le Brun

« On peint ce qui est là, pas ce qu’on voit. »

Pablo Picasso

La fiction n’est pas fausse. C’est une fiction. Il y autant de vérité dans la fiction que dans ce que l’on nomme réalité.

« Je ne veux plus faire de la critique littéraire. Cela prend trop de temps et m’empêche de lire. »

Dorothy Parker

L’Embardée ou Les Quartiers d’hiver, de Jean-Paul Goux, Actes Sud, Arles, 2005.

Dans un panorama littéraire hanté par l’autofiction et le cynisme d’épicerie, par la fascination pour les situations les plus glauques ou à l’inverse la génuflexion devant la beauté simple d’un bouquet de fleurs des champs ou la fumée bleutée des volutes d’une cigarette, il est réjouissant de constater que perce encore quelquefois le souci de donner le jour à une grande prose, on ne peut plus digne de figurer, dans la différence assumée, aux côtés de celles de Julien Gracq ou de Claude Simon. C’est en tout cas, à n’en point douter, la magistrale leçon que nous offre le nouveau roman de Jean-Paul Goux, paru il y a peu aux éditions Actes Sud. Lire la suite »

« Parcours les hautes régions éthérées du ciel, porte témoignage que, là où tu passes, il n’y a point de dieux. »

Sénèque le fils

« Asseyons-nous et dissertons. Ce n’est pas tout que nous éprouvions des sensations, il faut encore les analyser. »

Sade

Rien de plus ennuyeux qu’un créateur engoncé dans ses certitudes. La théorie gâte tout. Le système est écoeurant à vomir. Le déploiement d’une esthétique prédéterminée, une calamité. Dérouter et se dérouter soi-même, voilà le mot d’ordre!

« L’amour, c’est une occupation de l’espace. »

Henri Michaux

Un portrait d’Eric Brogniet

            Troué d’amour et de beauté / Il est troué jusqu’au cœur / Par la perte et par le temps, écrit Eric Brogniet dans Autoportrait au Suaire, le vaste poème-oratorio que viennent de publier les Editions de l’Age d’Homme.

Dans ces trois vers, à la fois simples et élégants, tout le poète est présent. Debout dans le désert du monde, écartelé entre sa soif d’absolu et son désir de toucher du doigt aux joies simples d’ici, lucidement vivant en dépit des clous qui le tiennent attaché à la grande Croix de la modernité. Il fallait oser cette image, comme toutes celles que contient ce beau livre. Le poète en Christ outragé ; le poète en saint, dans une société matérialiste, sans autres liens, semble-t-il, que virtuels désormais. Et c’est lui rendre justice, par conséquent, que de l’avoir risquée, cette image, moins provocante en définitive que désenchantée. Lire la suite »