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Posts Tagged ‘Roger Caillois’

Eloge du labyrinthe infini

Un portrait de Roger Caillois (1913-1978)

Roger Caillois

Proust affirmait tenir l’intelligence pour peu de chose. Il disait s’en méfier. Roger Caillois se méfia aussi. Toute sa vie. Mais pas de l’intelligence.

Actif dès l’adolescence auprès de Roger Gilbert-Lecomte et de René Daumal dans la mouvance du Grand Jeu, membre du groupe surréaliste mais bientôt réfractaire à son absence de rigueur et de discernement, Caillois fonde avec Bataille et Leiris le Collège de Sociologie peu avant la guerre. Passionné par les mythologies, l’éthologie, les jeux, les représentations et les formulations du sacré, il sera aussi le premier passeur de Borges en Europe. (suite…)

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« Je parle des pierres plus âgées que la vie et qui demeurent après elle sur les planètes refroidies, quand elle eut la fortune d’y éclore. Je parle des pierres qui n’ont même pas à attendre la mort et n’ont rien à faire que laisser glisser sur leur surface le sable, l’averse ou le ressac, la tempête, le temps.

L’homme leur envie la durée, la dureté, l’intransigeance et l’éclat, d’être lisses et impénétrables, et entières même brisées. Elles sont le feu et l’eau dans la même transparence immortelle, visitée parfois de l’iris et parfois d’une buée. Elles lui apportent, qui tiennent dans sa paume, la pureté, le froid et la distance des astres, plusieurs sérénités. »

Roger Caillois

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Christophe Van Rossom s’entretiendra avec Pierre Bergounioux, à la faveur de la parution de la troisième livraison de son Carnet de notes, portant sur la décennie 2001-2010.

 Pierre Bergounioux

Il y a, dans le projet existentiel et littéraire de Pierre Bergounioux, comme l’empreinte d’un Montaigne qui aurait lu Kant et Marx, Flaubert et Faulkner. Ce professeur de lettres tire en effet son exigence (digne de la juste rigueur des instituteurs  qui ont façonné la IIIème République) du souci encyclopédique de tout saisir et de tout expliquer. D’élucider et de comprendre. Afin de mieux dévoiler le réel. Afin que la langue soit au rendez-vous du savoir et de la saveur. Si les livres de Bergounioux, qui sont également la manifestation d’un grain de voix immédiatement identifiable, peuvent quelquefois témoigner d’une forme de désenchantement à l’égard de ce que le monde devient, leur auteur se signale non moins par sa ténacité. Ne jamais abandonner, voilà le visage qu’il convient d’opposer à l’adversité protéiforme. Comme Michon ou Millet, issu d’un terroir corrézien hors temps, hors espace, originel, il a l’humilité et la soif d’apprendre de l’escholier lymosin évoqué par Rabelais. Passionné par la terre et les insectes, les livres et le Temps, les êtres et les champs de la connaissance, Bergounioux, sculpteur à ses heures,  est davantage qu’un grand écrivain de notre temps. Dans une société prosternée devant la laideur et la stupidité, il compte au nombre des plus minutieux, des plus scrupuleux orfèvres de la prose française que je sache.

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Borges, de loin – de Christian Garcin[1]

  

Il y a, à Adrogué, « une vaste demeure à l’odeur de chèvrefeuille, entourée d’un long mur rose », comme il y a une bibliothèque, celle du père – bibliothèque dont on ne sort sans doute jamais. Il y a Jorge Luis Borges, et il y a l’autre, sur qui l’on écrivit et ne cesse d’écrire, que l’on reçut, honora et continue d’honorer comme l’auteur d’une des œuvres majeures du siècle dernier. Celui qui est devenu à son tour personnage de fictions[2] et prétexte à légendes. Il y aussi un tigre qui traverse toute une vie, quelques regrets discrets, pudiques, et d’infinis jeux d’échos, de miroirs, de correspondances, le tout composant un vaste dédale ironique et érudit.

Afin de ne pas répéter, afin de ne pas s’empêtrer dans des commentaires, stériles ou décevants, Christian Garcin a choisi plutôt de s’établir dans la distance propre à l’admiration, c’est-à-dire dans le jeu. Plutôt que de parler de Borges, ou sur l’œuvre de Borges, fasciné par le mur rose auquel toute sa vie l’Argentin resta attaché, il préfère rôder autour et alentour. Appuyer ou souligner les mystères, les flous, les légendes. Mais aussi, principe de la collection oblige, rappeler les raisons personnelles de son goût pour l’auteur des Fictions. Cela aurait pu être Kafka, sûrement ; cela aurait pu mieux encore être Faulkner (traité par ailleurs merveilleusement par Pierre Bergounioux dans la même collection) ; mais c’est la figure de Borges qui a surgi, finalement, comme une évidence, pour désigner l’autre nom peut-être de la littérature au XXème siècle. (suite…)

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« D’où l’homme tirera-t-il sa force, s’il n’entretient pas en soi la colère et l’appétit de plusieurs fauves? »

Roger Caillois

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