« Que tous les hommes soient frères, c’est le rêve des gens qui n’ont pas de frères. »
« La seule délivrance est de se donner soi-même tout entier dans chaque action au lieu de faire semblant de consentir à être homme. »
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« Les Chinois parlent non pour avoir raison, mais pour savoir ce dont ils parlent. »
Anonyme (?)
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Un entretien-débat Agora Pensée Libre
Animé par Jacques Cels,
Professeur de Lettres & écrivain
Invité : Christophe Van Rossom

Sempé au Salon du Livre – Affiche de l’Exposition © Denoël 2014
Une initiative de La Pensée et les Hommes
Réservation obligatoire au : 02 / 640 15 20
Le rendez-vous est fixé à 19h30,
Le mercredi 1er mars 2017.
MAISON DES ANCIENS DE L’ULB
Campus de la Plaine
Accès n°4
Boulevard du Triomphe
1050 Bruxelles
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La Justice d’Othon (vers 1473), de Dirk Bouts
J’apprends ce matin, au détour d’une rubrique nécrologique, le décès de l’un de mes maîtres les plus savants et les plus doux, l’un de ces hommes sans qui je ne serais pas l’être que je suis devenu. Paul Philippot n’est plus. Le matin du 15 janvier dernier, il a préféré prolongé son rêve d’art et de renaissance toujours florissante.
Bien que je n’aie pas été de ces proches, le ventre me serre tandis que je lis l’hommage que l’ICCROM lui consacre, mais surtout les très belles lignes que lui dédient Thierry Lenain et Didier Martens, ainsi que Brigitte d’Hainaut-Zveny, sur le site Koregos.
Il fut, à l’Université, l’une de mes rares respirations, et, assurément, la source de connaissance sensible la plus incontournable. Non seulement pour pouvoir suivre ses cours, mais aussi pour avoir le bonheur de dialoguer avec lui, je sollicitai de la part du recteur une dérogation insolite : celle de passer la majorité des examens de mes cours à option, non pas dans la section où j’étais inscrit, mais en Histoire de l’Art. Je voulais être jugé à l’aune de ce que je valais par qui me semblait le plus digne de m’y juger. Lire la suite »
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Les Notes de chevet, de Sei Shônagon
Choix de textes & lectures d’Émilie Pothion,
précédé par une présentation de l’auteur
par Christophe Van Rossom,
À la Librairie Quartiers Latins,
le samedi 26 mars 2016, à midi.
Sei Shônagon (encre)
Sans doute la liste est-elle la forme la plus archaïque de la littérature. Si on la considère pour ce qu’elle fut, originellement et durablement, depuis qu’elle est née quelque part entre le Tigre et l’Euphrate, l’écriture inventorie, classe, trie, biffe et ajoute, ordonne et formule. Avant même de nommer et de hiérarchiser les dieux, elle dénombre les bœufs, les ânes, les moutons et les esclaves.
En 2009, Umberto Eco a préfacé et commenté un beau volume anthologique, remarquablement illustré, intitulé Vertige de la liste. Il y démontre la permanence du genre dans toutes les cultures. Il en distingue les carrefours et les évolutions, parfois surprenantes.
Les Stoïciens, comme les Épicuriens, la pratiquaient comme un art de voir clair en eux. Ritualisant chaque acte de notre existence, les Brahmanas sont de fastidieuses, interminables et cependant indispensables listes. Dans la Chine ancienne, avant l’abbé Kenko, au Japon, Li Yi-chan nous propose la plus incongrue collection de notes qui soit. Dans son Gargantua, Rabelais, grand amateur du procédé, énumère, comme on sait, une trentaine de manières de se torcher le cul, avant de dresser l’inventaire le plus complet que je sache des couillons dans le Tiers Livre. Plus proches de nous, dans Le Chiffre, Borges rappelle subtilement à quel point Les Notes de chevet comptent pour lui. Caillois écrit pour donner à l’univers entier son Tableau de Mendeleïev. Aujourd’hui, dans ses Petits Traités comme dans Dernier royaume, aussi bien que dans ses romans mêmes, Pascal Quignard confesse sa dette envers la Japonaise et cite fréquemment son œuvre et son nom. Lire la suite »
Publié dans Au fil des jours | Tagué abbé Kenko, Émilie Pothion, Borges, Brahmanas, Dernier royaume, Gargantua, Le Chiffre, Les Notes de chevet, Les Notes de l’Appuie-tête, Li Yi-chan, Makura no Sôshi, Pascal Quignard, Petits Traités, Rabelais, Roger Caillois, Sei Shônagon, Tableau de Mendeleïev, Tiers Livre, Umberto Eco, Vertige de la liste | Leave a Comment »
« L’enfance, c’est un mythe qui prend sa source dans l’illusion de la sécurité… C’est un luxe qu’on ne peut plus se permettre. »
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La Chine se gratte et le monde entier est saisi de démangeaisons, persuadé çà et là que la lèpre gagne, inconscient qu’elle a déjà gagné.
L’on s’interroge un instant sur l’Arabie saoudite ou sur l’Islam radical, et c’est chacune de nos façades qui se craquelle.
Le pays où les Lumières sont nées et ont dit non à l’inacceptable, flirte avec la perverse facilité, se vautre dans la fange, accumule les bassesses – ce qui au demeurant constitue désormais sa normalité. À la perspective de pouvoir enfin commercer avec l’Iran – ah ! le charme et la sécurité des centrales nucléaires que Marianne allaite et élève ! –, son président s’empresse de masquer la poitrine voluptueuse de la belle insoumise et dissimule toutes les bouteilles de vin de l’Élysée.
La Belgique est plus que jamais la trivialité incarnée, le carrefour de tous les dangers et de toutes les petitesses consensuelles.
L’intelligence, la culture, l’histoire, le savoir, la beauté sont notre unique chance et la seule réponse possible.
D’un mot, j’aimerais le dire et le redire, avec d’autres, plus avertis et plus lettrés que moi, mais comment répondre quand le Gros Animal vous tient ligoté et bâillonné, bien à distance de la parole active ?
À 47 ans, freiné par la pathologie qui me ronge, je ne puis croire sans me mentir que le néant oubliera longtemps de lui prêter main forte. Il importe peut-être que je m’opiniâtre donc plus que jamais dans mes mauvaises pensées et mes imprécations.
© Armes & bagages, à paraître.
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