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Archive for the ‘Mauvaises pensées’ Category

Je me suis offert à la mort à trois reprises cette année. La mort n’a pas voulu de moi.
Je demande aujourd’hui à la mort de prendre (trois de) mes ennemis.
C’est une simple question d’équilibre. De justice.
Si je méritais de vivre, eux ne le méritent pas. Que fais-je sinon répéter que tout est affaire de démographie?
Je crois à la puissance de la Parole.
Que soient châtiés les sycophantes et les simoniaques, les bas quémandeurs et les sous-vivants!

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Tout est tellement étanche et prévisible.

Les petites saletés qui font les guerres ; le plaisir de blesser la chair et l’âme ; l’abjection polymorphe des bourreaux protéiformes ; les néo-nomothètes du Bonheur, du Bien et du Vrai. Ah! les imbéciles qui jubilent d’avoir gagné ; ah! le détestable on des hordes grégaires, leurs certitudes bovines et leur babillage chafouin ou tapageur! Ah! les misérables ménestrels qui mélodisent leur marche vers le rien!

Notre faiblesse devant cela. La nôtre, oui, car, comprenez-vous, Dieu n’a pas le Temps.
 
Que peut le plus digne des renards devant une forêt de bulldozers?
 
Il est enragé.
 
Jacques Crickillon, dans Babylone demain : « Le Monde est ce qu’il a fait de toi. »
 
Tout de même, j’aurai lu quelques livres, vu la Beauté & la Justice dont les Rares sont capables. J’aurai aimé. On n’aime jamais assez, souvent trop, parfois qui l’on ne devrait pas. Tout de même, j’aurai adoré le Temps. Compris au moins cela.
 
Et la conscience qui s’acharne. Elle parle haut ou susurre : Pourquoi, pauvre fou?
 
Ô le nombre des lâches, des renonçants et des silencieux qui rendent les catastrophes possibles!
 
Doit-on vraiment redouter de quitter tout cela?
 
Cette attente vaine devant le brasero des miradors?
 
Ce guet à la lisière des mondes?
 
Ce combat obstiné quand tu sais que tous périssent quand même ils n’appellent pas la mort sur eux?
© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, inédit.

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Passant, Boulevard de l’Empereur, devant l’un des derniers fragments de l’enceinte qui protégeait Bruxelles autrefois, j’avise un groupe d’élèves du primaire  (de deuxième ou de troisième année tout au plus), encadré par trois institutrices surarticulant leurs consignes, l’air renfrogné. L’une d’elles alors, le silence et l’ordre ayant été imposés, prend la parole et interroge ses élèves.

– Vous voyez le bâtiment-là? Qu’est-ce que c’est?

Monosyllabes et exclamations embrouillées des enfants.

– Allez, je suis sûre que quelqu’un peut me dire ce que c’est… Allez, je vous aide : il y a là des gens qui viennent pour s’amuser et qui lance des boules sur des…

Et là, la culture éternelle s’éveillant, plusieurs mioches de crier, visage libéré : « Le Bouling, Madame! Le Bouling! »

Sourire satisfait, presque hébété, de la maîtresse qui juge bon de préciser tout de même, faisant claquer l’aile de la victoire : « Non, le BoLling! »

© Christophe Van Rossom, septembre 2013.

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Le premier pas de l’intelligence consiste à se taire sur un sujet que l’on ne maîtrise pas largement ou sur une question que l’on n’a jamais pris le temps de mûrir et de méditer. Qui vit à l’écart a toute latitude pour s’accorder ce temps. Pour lire et pour penser, loin des bas calculs et des ambitions misérables. Il s’agit là d’un choix sacrificiel ou ascétique.  Démocrite s’installe soudain dans l’ombre des arbres et dans la proximité rafraîchissante du cimetière d’Abdère. Il empile à ses côtés de nombreux livres. Il observe le ciel et les étoiles. Se met à voir avec une acuité nouvelle. Il rit abondamment et ne regrette rien. (suite…)

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L’autre jour, à la faveur d’un cours, j’ironise  sur la journée sans voitures. La réaction n’a pas tardé : « De quel droit? Vous ne pouvez pas dire cela. Expliquez-nous pourquoi vous dites cela. » Et l’élève qui m’interpelle de me préciser par ailleurs que ses idoles sont Nicolas Bedos et Gaspard Proust. Les censeurs sont désormais devant nous. Nous devons nous perdre sans cesse en justifications si l’on use d’une certaine liberté de ton. Je suis dans une école, devant un professeur de littérature, j’ai payé mon minerval : qu’il me parle de littérature et qu’on s’en tienne à cela! Il faudra donc que je m’explique, substantiellement, avec l’espoir mince d’avoir entrouvert une porte sur le champ des possibles.

 

Plus aucune révolution n’est imaginable pour cette raison. Le jeu est un souvenir, l’humour une antiquité, la provocation intellectuelle une faute qui appelle sanction. Le fait de ne pas ronronner droit et à heure fixe : voilà le péché ! Je me rappelle, il y a deux ans, avoir dû expliquer à une élève que, commentant Ubu roi, je me sentais en droit d’aborder une critique des dispositifs politiques actuels.

 

Lire et transmettre le goût des livres, c’est aller au plus loin dans toutes les interrogations, même lorsqu’elles démangent, surtout lorsqu’elles font mal. Je nomme art tout affrontement, selon des règles choisies et méditées, du nihilisme protéiforme. (suite…)

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Celui qui écrit doit s’efforcer à cette ascèse : n’attendre nulle réaction des messages qu’il trace sur les murs en ruine de villes sans vie.

Il n’y a pas d’espoir. Il n’y a que ce que l’on fait. Jusqu’au bout de ses forces.

On n’attend pas, dans un monde de zombies, qu’un mort-vivant vous tende la main et ouvre la conversation.

Qu’est-ce qu’une phrase dès lors?

C’est un geste vain que seuls les rares survivants qui ne s’entretuent pas capteront et dont, peut-être, ils mesureront le sens.

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Moins de trois pourcents des Belges font encore confiance aux Banques, mais 10000 d’entre eux au moins – et ce n’est là qu’une estimation des plus basses – se disent prêts à envahir le tarmac de l’aéroport de Zaventem afin de « hurler » leurs encouragements aux Diables rouges à l’occasion de leur départ pour la Croatie, cependant qu’une chorégraphe prépare la danse officielle de nos supporters. Sont-ce les mêmes?

S’ils se qualifient, « nos » Diables se rendront au Brésil afin de disputer la Coupe du monde de football, alors que, dans les rues, le peuple a manifesté et manifeste encore pour dire son hostilité à l’organisation pharaonique d’un tel événement. Ils préféreraient des écoles, des hôpitaux, des transports publics et des villes plus habitables.

J’enseigne l’histoire du Spectacle. Notre monde en est l’aboutissement terrifiant. La Grèce n’est, depuis longtemps, plus qu’une province romaine de second ordre. En attendant qu’un nouvel édit de Thessalonique en appelle à fermer le Portique, l’Académie, le Lycée, le Jardin et encourage l’incendie des bibliothèques et la persécution des lettrés, « déments et insensés », qui se refuseront à la conversion au nouvel ordre universel.

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Septembre 2001, les attentats du 11 reconfigurent à propos la géopolitique internationale.
Février 2011, Fukushima radicalise, nous explique-t-on, la conscience écologique mondiale. La société japonaise est la seule en réalité à réagir avec intelligence et dignité, sur le moment et au-delà. On ne mesure rien, mais l’on préconise abondamment. 
 
Entre ces deux dates et au-delà, les pseudo-printemps arabes font applaudir les imbéciles, Les « Indignés » imaginent s’indigner. Les donneurs de leçons de l’Empire du Bien s’en donnent à coeur joie. La confusion des valeurs, des ordres et des priorités triomphe.
 
La crise économique et financière occidentale achève de laminer la classe moyenne. La bourgeoisie active, réactive, pleine d’élan et d’allant, née dans quelques cités états de l’Italie à la fin du Moyen Âge, agonise. L’économie réelle n’est plus qu’un souvenir. L’hypermédiatique et le virtuel gouvernent.
 
Un développement démographique inepte dont seuls les Chinois (qui s’assurent de plus en plus la totale et tranquille maîtrise du globe) prennent la mesure, menace. (suite…)

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Il n’y a vraiment rien à attendre du monde qui est là. Rien à espérer non plus des décennies de vase qui viennent. Je vois quelques êtres jeunes, pleins de force et de désirs, subir les assauts de vents mauvais multiples. Il y eut d’autres périodes où cette énergie aurait été saluée et encouragée. Désormais, la boue est sanctifiée et n’engendre plus que de la boue. Ses négociants gouvernent. Le dressage des esprits connaît un succès éclatant. De grands progrès sont à espérer sur le plan de la bêtise et de la vulgarité. Les limaces s’illustreront. On leur élèvera des statues. L’illettrisme est d’ores et déjà un prérequis. J’entends d’ici les amibes acclamer les amibes. On les forme dans nos écoles et dans nos universités.

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