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Archive for mars 2011

« Rien n’est plus terrifiant qu’un metteur en scène qui a des idées.

Son rôle n’est pas d’avoir des idées, mais de comprendre et de rendre celles de l’auteur, de ne les forcer ni de les atténuer en rien, de les traduire avec fidélité dans le langage du théâtre. Et que faut-il pour cela? Il faut savoir lire un texte. »

Jacques Copeau,

Une anthologie subjective,

Gallimard, 1999, p.27.

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La Voix sans repos, de Jean-Paul Goux, Esprits Libres, Editions du Rocher, Monaco, 2002.


Il existe deux sortes d’écrivains : ceux qu’on ne lit guère qu’aujourd’hui et ceux qu’on lira dans longtemps encore. L’évidence est éclatante que Jean-Paul Goux appartient d’ores et déjà à la seconde de ces sphères. Une voix à nulle autre pareille nous y parle le langage qu’elle s’est inventée, au fil des livres, selon le rythme qu’y imprime sa si éblouissante syntaxe. « La voix n’est pas seulement une métaphore de la pulsion, elle est, comme le rythme dans l’œuvre écrite, entre corps et langage. La prose rencontre la voix, cette voix jamais ouïe qui est la voix de la prose. » Chacun des livres d’un écrivain de cette qualité est une fête, quelle qu’en soit la forme. Et s’il n’entend guère leur prêter d’importance réelle au regard du travail romanesque, ses livres de réflexion sur la littérature – un remarquable essai sur Julien Gracq, mais surtout sa Fabrique du Continu déjà – ne comptent pas pour peu. Car, si on veut bien les lire pour ce qu’ils sont aussi, sinon surtout, on se rend compte alors qu’ils constituent rien de moins que le laboratoire de sa pensée et de son art. (suite…)

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« Dans l’image qui précédait toutes les autres, Visnu s’appuyait déjà sur le passé. Le monde premier était toujours second, il cachait toujours en lui un antécédent. »

Roberto Calasso

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« Le grand art est le mépris du grand homme pour le petit art. »

Francis Scott Fitzgerald

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La nuit sexuelle, de Pascal Quignard, Flammarion, Paris, 2007.


Des cavernes du paléolithique aux salles de cinéma, aujourd’hui, une même pulsion, énigmatique : celle de se rejoindre dans l’obscurité pour contempler des images hallucinatoires, sidérantes.

 

Ce que l’homme cherche à (re)trouver, ainsi, depuis au moins vingt-deux millénaires (Lascaux remonte à -15000 ans avant notre ère au bas mot), c’est la grande passion de Quignard. Dans le silence et l’écart, tel un chasseur des premiers âges, il se met à l’affût de tous les indices. Les images – qui précèdent sans doute le langage articulé (c’est-à-dire les listes, les poèmes, les déclamations, les contes, les récits, les romans), mais qui suivent l’invention de la musique – jouent un rôle clé dans sa démarche. (suite…)

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Le Tintoret

 

Le Tintoret (1518-1594), Dernière Cène (1565), San Trovaso, Venise.

 

Tintoret voit tant de choses. Il ne multiplie pas les cènes sans raison. La table ouvre, et le vin. Tintoret cite, réécrit et fait signe. L’invisible converse même étrangement là où on ne lui prête guère attention.

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Le réel, la beauté, la pensée ne portent aucun drapeau. On n’enrôle pas le vent salubre. Ne servir personne ne signifie pas ne servir à rien.

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« Tandis que la tragédie rougissait les rues, la bergerie florissait au théâtre ; il n’était question que d’innocents pasteurs et de virginales pastourelles ; champs, ruisseaux, prairies, moutons, colombes, âge d’or sous le chaume, revivaient aux soupirs du pipeau devant les roucoulants Tircis et les naïves tricoteuses qui sortaient du spectacle de la guillotine. Si Sanson en avait eu le temps, il aurait joué le rôle de Colin, et Mademoiselle Théroigne de Méricourt celui de Babet. Les Conventionnels se piquaient d’être les plus bénins des hommes : bons pères, bons fils, bons maris, ils menaient promener les petits enfants ; ils leur servaient de nourrice ; ils pleuraient de tendresse à leurs simples jeux ; ils prenaient doucement dans leurs bras ces petits agneaux, afin de leur montrer le dada des charrettes qui conduisaient les victimes au supplice. Ils chantaient la nature, la paix, la pitié, la bienfaisance, la candeur, les vertus domestiques ; ces béats de philanthropie faisaient couper le cou à leurs voisins avec une extrême sensibilité, pour le plus grand bonheur de l’espèce humaine. »

Chateaubriand

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Fragonard

 

Fragonard (1732-1806), Philosophe lisant (vers 1769), Kunsthalle, Hambourg.

Lire offusque, déroute, éberlue. Les yeux hagards, mauves de fatigue, ne peuvent se détacher de la page. Les mains se crispent, comme dans le désir. Il n’est pas d’au-delà, dans la sidération, aux phrases qui accrochent le regard.

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« Il n’y a pas de principes, il n’y a que des événements ; il n’y a pas de loi, il n’y a que des circonstances : l’homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. »

Honoré de Balzac

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