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Archive for octobre 2013

« Lorsqu’une société est dans l’attente de l’événement qui doit la supprimer, quand la peur, la détresse, la pauvreté, la déshérence et l’envie de tous contre tous sont parvenus à un état de maturité, comparables à des fruits dans la chaleur, une expression secrète et avide apparaît sur la plupart des traits des vivants qu’on rencontre dans les rues des villes qui sont les nouvelles forêts. Les visages qui nous entourent portent cette tristesse et manifestent ce silence qui se tend. Ce silence, malgré l’Histoire, c’est-à-dire à cause du mythe de l’Histoire, est toujours dans l’ignorance de sa ferocia. Les sociétés occidentales sont de nouveau dans cet état de terrible maturité. Elles sont à la limite du carnage. »

Pascal Quignard

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« Mes maîtres sont :

Pour les motifs : L’Odyssée, Les Métamorphoses, L’Âne d’or, Les Mille et une Nuits, les Sagas d’Islande, Chrétien de Troyes, tout Saikaku, Le Rêve dans le pavillon rouge, tout Stendhal, Les Hauts de Hurlevent.

Pour l’implication : Gilgamesh et Enkidou, la Bible, Tchouang-tseu, Lucrèce, Virgile, Tacite, Sei Shônagon, Montaigne, Saint-Évremond, Tallemant, Nicole, Saint-Simon, Chateaubriand.

Pour le ton : César, Albucius, Paul, Tacite de nouveau, La Rochefoucauld, Massillon, tout Pou Song-ling, Rousseau, Chateaubriand de nouveau, Mme de Boigne, Hello, Colette, Bataille. »

Pascal Quignard

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« Alceste, un indigné d’aujourd’hui? »

Fauteuil de Molière à la Comédie française

Il est aisé de faire parler un fauteuil vide, fût-il le plus célèbre du monde. On peut lui prêter des idées ou faire de lui le porte-parole de certaines valeurs, de préférence au goût du jour. Mais rien n’est moins périlleux, ni moins discutable. Alceste hante les consciences, et cela ne date pas d’hier. Molière n’est jamais tout à fait là où l’on croit le tenir. L’amant déçu de Célimène, moins encore.

Il faut dès lors être reconnaissant à Daniel Scahaise, qui met en ce moment en scène à Bruxelles Le Misanthrope, d’ouvrir le débat sur la modernité de la figure d’Alceste. Celui-ci aura lieu au Théâtre des Martyrs même ce samedi 19 octobre à 15h. L’entrée en est libre et la représentation du spectacle qui la suivra, à 19h, est gracieusement offerte aux étudiants qui auront assisté au débat.

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Petite piqûre de rappel : ce mardi, de 12h40 à 13h30, aux Midis de la Poésie, Pierre Bergounioux rappellera les raisons de son admiration pour l’auteur de Sanctuaire en situant la place unique qu’il occupe dans l’histoire des littératures.

William Faulkner (1947)

Le récit rationnel est apparu, au VIIIe siècle avant notre ère, sur la lèvre d’Homère. Il donne pour réel ce qui obéit au principe d’identité, aux lois de la causalité, dans un cadre spatio-temporel orienté. Il marque, en cela, une avancée décisive sur les récits fabuleux, fantastiques, à nos yeux, que constituaient les mythes.

La littérature parle, apparemment, du moins, du réel. Le réel est ce que la littérature donne pour tel. C’est vers 1930, dans le Mississippi, qu’on s’avise qu’elle est un artefact, né de la division du travail, dans les premières sociétés, entre ceux qui agissent, combattent, et ne savent pas écrire et ceux qui écrivent, après, de loin, et ne savent pas de quoi ils parlent. Faulkner est celui qui a décelé cette contradiction première, profonde, trois fois millénaire, et l’a résolue.

Les lectures seront assurées par le comédien Martin Swabey.

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« Ce qui vient au monde pour ne rien déranger ne mérite ni égard ni patience. »

René Char

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Qui pense, crée, agit dans un contact organique avec ce qui vaut, à quelque point du Temps qu’il l’aperçoive, et se met à dialoguer avec lui, celui-là seul est intensément vivant. Le passé est ce qu’il y a de plus présent. La guerre est une, les batailles sont légion, les stratégies multiples.

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Je suis le souverain des choses transitoires,

Étant le courtisan du Rare et du Ténu ;

L’infinitésimal, en mon terme, a tenu,

Et des mutations, je dirai les histoires.

 

J’immobiliserai ce qui vibre un instant :

L’arc-en-ciel qui s’efface aussitôt qu’il se bande ;

Et cette poudroyante et blonde sarabande

De l’atome léger dans le rayon sautant.

 

Je suis le sténographe acéré des nuances ;

Je représente, au vol, la vite impression ;

Mon vers a fait son nid, ainsi qu’un alcyon,

Sur les flots de la mer des douces influences.

 

 

Robert de Montesquiou (1855-1921),

Les Chauves-souris (1892)

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« J’aime les viandes juteuses, les eaux profondes, les styles où l’on en a plein la bouche, les pensées où l’on s’égare. La vie! la vie! bander, tout est là! c’est pour cela que j’aime tant le lyrisme. »

Gustave Flaubert

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« Nous ne respectons rien de ce qui fait barrage à la poésie. Et nous rions de ceux qui pensent qu’elle est un luxe. La déflagration qu’avec patience nous attendons, et qui seule à nos yeux est digne de troubler l’ordre du monde, ne se déclenche qu’avec la poésie : un détail agissant soudain sur des milliers d’esprits vivants illumine par ses prolongements jusqu’au monde des morts, c’est lui qui allume la mèche. »

Yannick Haenel,

Les Renards pâles (2013)

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« On dit que le monde est hanté? Non : il revient, et ce retour incessant transporte avec lui des noms. Réveiller les noms des morts est déjà une déclaration de guerre. »

Yannick Haenel,

Les Renards pâles (2013)

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