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Archive for the ‘Théâtre’ Category

« Ici, nous sommes peu nombreux : mais en nous il y a Athènes.

(…)

Dès que la culture est rite, elle cesse d’obéir aux seules normes de la raison et redevient aussi passion et mystère.

(…)

Le théâtre facile est objectivement bourgeois ; le théâtre difficile est pour les élites bourgeoises cultivées ; le théâtre très difficile est le seul théâtre démocratique. »

Pier Paolo Pasolini

Manifeste pour un nouveau théâtre

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Nous sommes passé d’un ordre supposé inférieur, l’animalité, à la conscience de notre horizon humain. L’espèce Homo a introduit la mort dans l’ordre de nos priorités. Cette dernière a structuré notre pensée, a défini nos craintes et nos espoirs, à de certains moments elle est devenue un but, cependant que le grand dehors (Hölderlin, Rilke, Crickillon) n’a jamais cessé d’obéir à ses lois propres, autrement vastes. Entre les deux, il est advenu que nous ayons progressé, grâce aux Rares. Grâce aux Poètes.

Le monde ne change pas. Il n’y a nulle course, nulle rivalité imaginable. Partout, le chaos, l’absence de sens, la vulgarité, la violence, le crime s’insinuent, prolifèrent et prospèrent.

Les temples ont été détruits – l’ont-ils été vraiment ? -, mais nos questions demeurent. Nous foulons aux pieds quotidiennement les expériences puissantes, l’intelligence, la culture vraie, la beauté. Il n’est plus aucun sanctuaire où considérer notre relation au grand dehors, où nous interroger sur nous-mêmes dans un silence composé, où poser les bases d’une existence digne. (suite…)

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« La forme objective est en réalité la plus subjective. L’homme est moins lui-même quand il parle pour son propre compte. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité. »

Oscar Wilde

Intentions (1891)

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Danielle de Niese en Cléopâtre

Cléopâtre, dans Giulio Cesare de Haendel, en 2007

 

Le chant sauve. Il y a donc lieu de saluer passionnément ceux et celles qui chantent.

 

La beauté aime la beauté. Le don appelle le don. Le Temps resplendit.

 

Avez-vous entendu chanter et vu chanter Danielle De Niese? Un dictionnaire vous est-il utile pour saisir le sens du mot enchantement?

(suite…)

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Roger Carel, en songe

La nuit dernière, j’ai rêvé que je pleurais de reconnaissance dans les bras de Roger Carel, désarçonné par l’émotion, heureux de l’éprouver, désolé de gêner ainsi mon interlocuteur improbable. Je ne parvenais pas à lui exprimer la place qu’il tient dans mon panthéon personnel. Il n’y a pas tant d’hommes par siècle qui nous rendent la vie moins inhospitalière. Les comédiens se comptent sur les doigts de la main. Rares sont les virtuoses généreux, et qui ne trichent pas.

© Christophe Van Rossom

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Louis Jourdan et Caroline Cartier, dans Plus ça va, maoins ça va (1977), de Michel VianeyCaroline Cartier et Louis Jourdan, au bord de la piscine,

au bord du gouffre

Me hante la figure de Louis Jourdan grimé en clown durant la longue party nocturne que filme Michel Vianey dans Plus ça va, moins ça va (1977). On peut penser que son enlisement dans les eaux tièdes d’une piscine du Midi constitue déjà un adieu. Le cul de la jeune starlette incarnée par Caroline Cartier est désormais l’unique passion. (suite…)

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Une mise en scène de Ivo Van Hove, Théâtre de l’Odéon, Paris, 2012.

Nous nous trompons sur Molière et la plus complexe de ses pièces. Heureusement, il est des metteurs en scène susceptibles de nous le transmettre intact, dans sa virulente modernité. La scène se déroule dans un loft berlinois. Les alexandrins de Molière, désintégrés, ont fait place à une adaptation en prose allemande. Le spectacle est surtitré. Paris s’extasie. A-on-seulement le droit de s’interroger quand la critique est à ce point unanime? 

« Car on est ici et aujourd’hui, totalement, avec cette mise en scène qui n’hésite pas à intégrer l’iPad (sur lequel est écrit le sonnet) ni les téléphones portables, omniprésents. Chacun a le sien, dans cette société de trentenaires sans attaches, sinon la communauté qu’ils ont décidé de former, et dans laquelle Alceste joue le rôle d’extrémiste du refus du savoir-vivre. Il faut le voir se jeter sur la table basse recouverte de junk food, s’asperger le visage de Nutella, s’enfiler moult saucisses dans l’anus et « pisser » de la sauce salade. Ce n’est pas seulement trash : c’est quasiment kamikaze, comme son obsession de Célimène, dont il n’arrive pas à se détacher. Il l’a « dans les neurones », en somme, cette jeune femme qui offre son corps affolant à qui en veut. »

Source : Brigitte Salino, Le Monde, 29 mars 2012, http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/03/29/un-moliere-formidablement-trash_1677660_3246.html.

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« Je refuse d’un cœur la vaste complaisance,

Qui ne fait de mérite aucune différence :

Je veux qu’on me distingue, et pour le trancher net,

L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait »

Molière, Le Misanthrope, I, 1.

 

Je hante sans un sou, à deux doigts de la grivèlerie, les salons du plus mythique des hôtels bruxellois. Je mets la dernière main à quelques idées engrangées au fil des années en une liasse de papiers plusieurs fois annotés. Dans un moment, il me faudra parler d’Alceste à l’occasion d’un débat qui n’en sera pas un. La salle sera bien vide. Les propos seront entassés sans ordre ni rigueur, même si, en trop peu de temps (toujours le même drame !), une approche complexe, nuancée, nécessitant digressions, sera hasardée.

 

Le Misanthrope est la pièce la plus difficile de Molière. Peut-être même l’est-elle de tout le répertoire. Elle ne raconte rien, sinon de façon allusive. Son intrigue, lacunaire, ne s’esquisse que sur un fond bien vague. Là ne sont pas les enjeux. Sur scène, l’on ne voit guère que trois personnages, trois figures : Alceste, Philinte et Célimène. Il y a le guerrier, le béni-oui-oui, à tous complaisant, et la beauté fallacieuse qui est aussi jeunesse terrifiée à l’idée de la mort.

Qui est Molière en 1666? Où en est celui qui a écrit et joué Le Tartuffe et Dom Juan dans les conditions que l’on connaît ?

Au XVIIème siècle, il faut entendre, surtout lorsqu’il s’agit d’une comédie, le terme de misanthrope comme sonnerait aujourd’hui l’expression frappadingue. Dans une société hyper-policée et hyper-codifiée, qui refuse les usages en cours dans salons les plus civilisés d’Europe ne peut être qu’un pauvre fou. Parenté de l’homme aux rubans verts avec Alonso Quijana, dont il est hautement improbable que Molière n’ait pas entendu parler des exploits singuliers, s’il ne les a pas, tout bonnement, lus. Le titre se doit d’être un programme racoleur. On sait aussi que Molière, qui interpréta Alceste à la façon d’un De Funès, forçait les tics, traits et grimaces « de circonstance ». On sait que sa voix jouait de façon très appuyée sur les crispations du personnage.

Cheval de Troie?

Telle est mon hypothèse. Je ne fais dans les pages qui suivent que spéculer, mais non sans proposer du grain à moudre, je crois.

On donne à un premier degré ce que le public attend. Il comprend ce qu’il croit que raconte la pièce et  s’amuse de la caricature d’un malade ensauvagé, de quelqu’un que Baudelaire, son frère, dans l’un de ses plus beaux sonnets, nommera « un extravagant ». Le public sort ravi ; il s’est tapé sur les cuisses. « Qu’est-ce qu’il lui a mis, à Alceste, le Poquelin! »

Mais alors pourquoi ce nom et la tension si vive qu’il oppose à celui de Philinte? (suite…)

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Ainsi se termine, avec sa section s’étendant jusqu’à la fin des temps, le poème le plus éminent, vénéré de Brahmā, connu sous le nom de Rāmāyaṇa, œuvre de Vālmīki.

 À ce moment-là, Viṣṇu se retrouvera au sein du monde céleste, comme avant, contenant la totalité du Triple Monde, avec les créatures mobiles et immobiles. Dans leurs séjours célestes, les dieux avec les gandharva, les siddha, et les ṛṣi suprêmes écoutent toujours avec plaisir ce poème de la geste de Ramā. Le sage doit s’appliquer à faire réciter dans les rites ancestraux ce poème digne des Veda, dont l’audition assure une longue vie, un heureux destin et efface les péchés. Celui qui récitera ne fût-ce qu’un seul quart des vers de ce poème engendrera un fils s’il n’en a pas encore, obtiendra de l’argent s’il en est démuni, sera délivré de ses fautes s’il en a commis. La récitation d’un seul vers de ce poème suffit à laver de ses fautes même celui qui en commet chaque jour. Celui qui récite ce poème doit être rétribué en dons de vêtements, de vaches et d’or, car la satisfaction du récitant vaut satisfaction de tous les dieux. Celui qui récite le Rāmāyaṇa, ce poème qui assure une longue vie, jouit d’une grande estime en ce monde et après sa mort, avec ses fils et ses petits-fils. Celui qui fait réciter avec recueillement ce poème, à l’heure où l’on trait les vaches, au milieu du jour ou dans l’après-midi, vers la tombée de la nuit, est préservé de l’erreur. La charmante cité d’Ayodhyā, après être restée déserte pendant de nombreuses années, sera de nouveau peuplée lorsque le dénommé Ṛṣabha en deviendra roi. Brahmā en personne a approuvé ce poème qui assure une longue vie, œuvre du fils de Pracetas, avec son dernier livre qui couvre jusqu’à la fin des temps.

 

Le Rāmāyaṇa de Vālmīki, CXI,

Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1999,

pp.1433-1434.

 

 

 

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« Quand le corps n’a pas la parole, c’est une mécanique. Quand il l’a, c’est une civilisation. »

Marcel Moreau

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