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Posts Tagged ‘Georges Bataille’

« La vie humaine, distincte de l’existence juridique et telle qu’elle a lieu en fait sur un globe isolé dans l’espace céleste, du jour à la nuit, d’une contrée à l’autre, la vie humaine ne peut en aucun cas être limitée aux systèmes fermés qui lui sont assignés dans des  conceptions raisonnables. L’immense travail d’abandon, d’écoulement et d’orage qui la constitue pourrait être exprimé en disant qu’elle ne commence qu’avec le déficit de ces systèmes : du moins ce qu’elle admet d’ordre et de réserve n’a-t-il de sens qu’à partir du moment où les forces ordonnées et réservées se libèrent et se perdent pour des fins qui ne peuvent être assujetties à rien dont il soit possible de rendre des comptes. C’est seulement par une telle insubordination, même misérable, que l’espèce humaine cesse d’être isolée dans la splendeur sans condition des choses matérielles. »

Georges Bataille

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Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ?

Georges Bataille, Le Bleu du Ciel

Situation de la critique aujourd’hui

Préalablement à toute interrogation interne sur la fonction de la critique aujourd’hui, il paraît indispensable, sauf à progresser, comme on aime à le faire trop souvent, avec cette naïveté qui consiste à imaginer que les choses vont de soi, de soulever une première question : celle de la réalité même de cette activité aux yeux de ce que l’on dira, simplement, un public. Ma réponse pourra sembler brutale, mais je crois, fondamentalement, que la critique aujourd’hui n’existe plus parce qu’il n’y a plus de lecteurs. Certes, des textes critiques se publient encore, et en quantité, et d’une réelle qualité parfois, mais qui les lit ? (suite…)

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« A la fin tout me met en jeu, je reste suspendu, dénudé, dans une solitude définitive : devant l’impénétrable simplicité de ce qui est ; et, le fond des mondes ouvert, ce que je vois et que je sais n’a plus de sens, plus de bornes, et je ne m’arrêterai que je n’aie avancé le plus loin que je puis. »

Georges Bataille

 

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Jacques Cels, Un architecte du sens, Editions Luce Wilquin, Collection L’Oeuvre en Lumière, 2009.

Extrait de l’avant-propos de l’ouvrage

On peut légitimement redouter le pire. Dans nos sociétés occidentales, où les conforts – matériel, d’abord, et spirituel ensuite – se sont substitués à toute idée de recherche personnelle et collective d’exigence d’une vie portée à un plus haut point d’intensité, de lucidité et d’humanité réelle, les espaces de création vrais se font rares. Si le monde va mal, les médias ne cessent d’en accumuler les preuves accablantes, pourquoi en irait-il autrement de la littérature, ce miroir que l’on promène le long de la route que représente notre vie ? Confirmant les analyses d’un William Marx, dans son bel essai intitulé L’adieu à la littérature (Minuit, 2005), l’essayiste Tzvetan Todorov écrivait de son côté récemment : La littérature a un rôle vital à jouer ; mais pour cela il faut la prendre en ce sens large et fort qui a prévalu en Europe jusqu’à la fin du XIXème siècle et qui est marginalisé aujourd’hui, alors qu’est en train de triompher une conception absurdement réduite. Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu’il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d’elle-même, ou qu’elle n’enseigne que le désespoir. S’il n’avait pas raison, la lecture serait condamnée à disparaître à brève échéance. (Tzvetan Todorov, La littérature en péril, Café Voltaire, Flammarion, Paris, 2007, p.72) (suite…)

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