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Posts Tagged ‘Montaigne’

Christophe Van Rossom prononcera une conférence intitulée

Thomas De Quincey, ou L’Archéologue des Ombres

 

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Dernier royaume I, II & III : Les Ombres errantes, Sur le Jadis & Abîmes, de Pascal Quignard, Grasset, Paris, 2002.

« Celui qui écrit est celui qui cherche à dégager le gage. A désengager le langage. A rompre le dialogue. A désubordonner la domestication. A s’extraire de la fratrie et de la patrie. A délier toute religion », écrit Pascal Quignard dans Les Ombres errantes, qui ouvrent un nouveau et ultime cycle dans son œuvre. Il faut entendre ces mots de façon radicale – comme un programme, ou comme une règle de vie et d’art. S’étant depuis quelques années dégagé entre autres de toute responsabilité éditoriale ou professionnelle, Quignard s’est retiré. Pour s’offir ce luxe suprême d’enfin un repos, dans un coin esseulé, avec des livres. Pour se bâtir l’ermitage athée et lettré dont il rêve. Pour disposer enfin, à l’instar d’un Montaigne, de cette liberté ouverte et incertaine induite par une pensée qui va sans dogme ni chemin là où la lecture ou la réflexion la conduisent. Sans souci d’aboutir. (suite…)

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« Notre grand et glorieux chef-d’oeuvre, c’est vivre à propos. Toutes autres choses, régner, thésauriser, bâtir, n’en sont qu’appendicules et adminicules pour le plus. »

Montaigne

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Jacques Cels, Un architecte du sens, Editions Luce Wilquin, Collection L’Oeuvre en Lumière, 2009.

Extrait de l’avant-propos de l’ouvrage

On peut légitimement redouter le pire. Dans nos sociétés occidentales, où les conforts – matériel, d’abord, et spirituel ensuite – se sont substitués à toute idée de recherche personnelle et collective d’exigence d’une vie portée à un plus haut point d’intensité, de lucidité et d’humanité réelle, les espaces de création vrais se font rares. Si le monde va mal, les médias ne cessent d’en accumuler les preuves accablantes, pourquoi en irait-il autrement de la littérature, ce miroir que l’on promène le long de la route que représente notre vie ? Confirmant les analyses d’un William Marx, dans son bel essai intitulé L’adieu à la littérature (Minuit, 2005), l’essayiste Tzvetan Todorov écrivait de son côté récemment : La littérature a un rôle vital à jouer ; mais pour cela il faut la prendre en ce sens large et fort qui a prévalu en Europe jusqu’à la fin du XIXème siècle et qui est marginalisé aujourd’hui, alors qu’est en train de triompher une conception absurdement réduite. Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu’il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d’elle-même, ou qu’elle n’enseigne que le désespoir. S’il n’avait pas raison, la lecture serait condamnée à disparaître à brève échéance. (Tzvetan Todorov, La littérature en péril, Café Voltaire, Flammarion, Paris, 2007, p.72) (suite…)

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Le monde est vicieux,

Tu dis ? Tu t’étonnes ?

Vis ! et laisse au feu

L’obscure infortune…

Arthur Rimbaud, Age d’Or

Au nom de qui ou de quoi devrais-je aimer ceux qui se mirent dans l’abîme?

Ceci est rien moins qu’une déclaration d’intention cynique.

Quelques cailloux suffisent pour fonder. (suite…)

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