Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Marcel Moreau’

Depuis quatre décennies maintenant, l’œuvre de Marcel Moreau apparaît comme une école – école sensuellement buissonnière, salubrement pessimiste et passionnément dionysiaque – de vie, d’exigence d’une autre vie que celle dans laquelle la société des loisirs aussi bien que le monde du travail nous encasernent. Elle est aussi une approche par les gouffres de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons. Union sulfureuse du perfectionnisme et de l’intempérance, elle se veut en outre une rigoureuse et farouche exploration des failles qui nous bâtissent non moins que de nos sursauts. Aventure de l’écriture qui se médite elle-même, elle se fait également le palimpseste somptueux de ses propres découvertes, réalisées au cours d’une existence entière vouée à une spéléologie à la fois intime et universelle, à l’élaboration d’une psychologie sismique. C’est enfin un chant et une danse où la musique, le style et le rythme épousent la pensée en une charnelle étreinte, tout en la propulsant chaque fois plus loin. Car l’écriture, pour Moreau n’est pas un aboutissement ; elle est à la fois une source et un navire, en même temps que l’astrolabe qui permettra de faire le point sur la navigation. Roborative apologie de l’individu contre toutes les menaces visibles, larvées ou voilées qui l’entourent, l’œuvre de Moreau, édifiée en marge de toutes les influences, ne cherche pas à séduire. Elle entend nous soulever, nous élever à deux vertus qui lui paraissent cardinales : l’ivresse et l’insoumission. (suite…)

Read Full Post »

« Je ne sais rien de toi, sauf que tu ne vas pas bien et que ton esprit ne se porte guère mieux. Vous êtes deux à rester sourds à cette incroyable langue que se parlent entre eux ta tête et ton ventre lorsque tu préfères ignorer qu’elle est de ton sang et de ta chair. Cette langue-là, il ne se passe guère de jours que tu n’en sacrifies les scansions propitiatoires aux idolâtries du non-être, alors que si tu le voulais, tu pourrais écrire ce livre de ta vraie vie qui n’attend qu’un seul mot de toi pour commander à tous les autres. Tellement vrai ce livre, et tellement vivant qu’il te suffirait de l’ouvrir à n’importe quelle page, à n’importe quelle peau, pour découvrir que sans lui, tu en serais encore à te demander comment faire pour changer tes blessures en guérilla, tes lacunes en soulèvement et tes désirs les plus rageurs ou plus insensés en créativité. »

Marcel Moreau

Read Full Post »

« Newer Posts