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Archive for février 2011

« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. »

Hölderlin

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Jacques Cels, Un architecte du sens, Editions Luce Wilquin, Collection L’Oeuvre en Lumière, 2009.

Extrait de l’avant-propos de l’ouvrage

On peut légitimement redouter le pire. Dans nos sociétés occidentales, où les conforts – matériel, d’abord, et spirituel ensuite – se sont substitués à toute idée de recherche personnelle et collective d’exigence d’une vie portée à un plus haut point d’intensité, de lucidité et d’humanité réelle, les espaces de création vrais se font rares. Si le monde va mal, les médias ne cessent d’en accumuler les preuves accablantes, pourquoi en irait-il autrement de la littérature, ce miroir que l’on promène le long de la route que représente notre vie ? Confirmant les analyses d’un William Marx, dans son bel essai intitulé L’adieu à la littérature (Minuit, 2005), l’essayiste Tzvetan Todorov écrivait de son côté récemment : La littérature a un rôle vital à jouer ; mais pour cela il faut la prendre en ce sens large et fort qui a prévalu en Europe jusqu’à la fin du XIXème siècle et qui est marginalisé aujourd’hui, alors qu’est en train de triompher une conception absurdement réduite. Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu’il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d’elle-même, ou qu’elle n’enseigne que le désespoir. S’il n’avait pas raison, la lecture serait condamnée à disparaître à brève échéance. (Tzvetan Todorov, La littérature en péril, Café Voltaire, Flammarion, Paris, 2007, p.72) (suite…)

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« Ce n’est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres. »

Sade

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Une boîte close que l’on pose au-dessus d’une étagère. On s’adresse à l’enfant, qui a observé la manœuvre. On lui intime de ne pas s’approcher de cette boîte, et on lui interdit de l’ouvrir, car ce qu’elle contient est dangereux. L’enfant promet. Mais, que l’on s’éloigne une heure de la pièce où l’enfant a été laissé seul avec la boîte. Et que l’on observe, discrètement. L’enfant va mettre tout en œuvre pour grimper jusqu’à l’endroit où l’on a déposé la boîte. Il brûle de l’ouvrir pour connaître ce qu’elle contient.

Nitimur in vetitum.

*** (suite…)

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Vie s’oppose à société comme vertical à horizontal.

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Je me souviens, c’était il y a une dizaine d’années d’ici. J’avais lu quelques poèmes de Jean-Paul Michel ; j’avais reçu et dévoré les proses composant Bonté seconde, puis je m’étais précipité sur ses œuvres poétiques complètes, publiées en deux volumes chez Flammarion, et je recevais, aussi, l’essai sur Hölderlin. Période faste. Je lisais, je prenais des notes. Je relisais. Mes cahiers s’emplissaient d’observations, de commentaires, de digressions. Je ne lisais pas un poète : j’écoutais un ami. Je recueillais avec gratitude une coupe de fruits tendue comme un présent. Cela chantait et pensait. Cela pensait et chantait. Hölderlin conversait avec nous, et Dante, Rimbaud, Hopkins, Spinoza, Baudelaire, Lautréamont, Blake, Leopardi, Nietzsche, Mallarmé. Et tant d’autres. Ce furent, ce sont encore d’inoubliables banquets. (suite…)

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« La plus grande revanche qu’on puisse prendre envers ceux qui nous nuisent et nous détestent, c’est de se montrer heureux. »

Madame du Châtelet

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« Rien ne pourra faire que je ne me sois amusé. »

Giacomo Casanova

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Les Hautes falaises, de Jean-Paul Goux, Actes Sud, Arles, 2009.


Un architecte, c’est quelqu’un qui veut bâtir, organiser l’espace, le structurer, le comprendre, au sens le plus ancien de ce verbe. Qu’est-ce d’autre qu’un écrivain, pour Jean-Paul Goux, sinon un être, dévoré par un sentiment inextinguible de beauté, et soucieux d’architecturer la langue de telle façon qu’un sentiment violent s’empare de son lecteur ? Sentiment d’absolue fascination devant qui la maîtrise avec une maturité telle que les flux difficilement canalisables de la langue se plient soudain aux lois d’une parole surgissante, c’est-à-dire d’une voix, pleine de force. (suite…)

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Ultima coda, de Jacques Crickillon, L’arbre à Paroles, Amay, 2008.


On paie cher d’être immortel, écrit Nietzsche dans Ecce Homo : pour cela il faut mourir plusieurs fois de son vivant.

Contrairement à ce que son éditeur avance, Ultima coda n’est pas le dernier livre du poète de Kénalon, pas davantage que ne l’était le somptueux Phase terminale, ouvrage d’artiste copublié sous coffret par l’Académie et les éditions du Taillis-Pré.

Ce qui est exact en revanche, c’est que, l’époque médiocre avançant vers un désastre que Crickillon n’a cessé de dénoncer avec une vigueur sans pareille depuis des décennies, chaque livre de poésie offert au monde est une épreuve terrible. Pire : une forme d’ordalie athée. Il est la traversée d’un feu froid : celui d’une indifférence généralisée aux notions autrefois sacrées de souci d’élévation et de beauté. De souci d’art. (suite…)

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