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Villes

Une ville, c’est l’occasion et la trace du génie humain démultipliées, partout.

– Malheureusement il y a les hommes, en ce lancinant pluriel qui ne cesse de les expulser d’eux-mêmes, toujours.

« La forme objective est en réalité la plus subjective. L’homme est moins lui-même quand il parle pour son propre compte. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité. »

Oscar Wilde

Intentions (1891)

« La gratitude représente une forme supérieure de la pensée. »

G. K. Chesterton

Il suffit que Rimbaud ait écrit pour que la Vie vaille que l’on se batte. Nul n’est obligé comme il le crut de déserter la Sainteté du Combat. Tout se paie de toute façon. Hölderlin devint fou. Mais je ne sache pas que nous parlions encore des régiments de limaçons qui furent leurs contemporains, au second puis au premier. Il n’est pas entièrement exact que l’Histoire ne retienne que le nom des vainqueurs. Il nous appartient à tous, à chaque moment, d’être là, éveillés, présents, actifs – loin de l’hypnose nécrotique des zombies protéiformes qui ne veulent de nous que la Ressemblance.

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages (à paraître).

« Tout artiste qui aspire au vrai, au bien et au beau comme objet ultime de sa quête est fatalement hanté par le désir de forcer l’accès difficile du monde des démons, et cette pensée, qu’elle soit apparente ou dissimulée, hésite entre la peur et la prière. »
Yasunari Kawabata

« Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés ; ils rient et pleurent facilement ; ils ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets ; ils ne veulent point souffrir de mal, et aiment à en faire ; ils sont déjà des hommes. »

La Bruyère

« Les vilaines pensées viennent du coeur. »

Paul Valéry

« Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère ; Je m’avance vers celui qui me contredit, qui m’instruit. La cause de la vérité devrait être la cause commune à l’un et à l’autre. »

Michel de Montaigne

Essais, III, 8

Fractales

Tout est comme un papyrus déchiré, un fragment : l’espace vide troisième dimension – et ce qui reste d’une éloquence, une force, à faire trembler.

 

Cristina Campo[1]

 

Criez court et vous serez peut-être secourus…

          Georges Henein[2]

I

Mais seulement les atomes, et le vide entre les atomes, affirmait Démocrite.

Ce que nous imaginons constituer une surface plane ou une sphère sans aspérités ni béances, à la lumière physique relève d’une galaxie composée de milliers d’astres et de planètes, séparés par des milliers, des millions, des milliards de kilomètres. Fragments de matière et peut-être de vie, sans lien entre eux sinon le vide cosmique qui les sépare.

Nulle étoile ne scintille sans la nuit.

Le blanc joue avec les phrases qui composent le fragment.

Les phrases sauvent. Les phrases rendent à la vie. Lire la suite »

Parue, il y a deux mois environ, sous la forme d’un numéro double, la dernière livraison de L’Étrangère est intégralement consacrée à la théorie et à la poétique du fragment.

Au-delà des textes et de l’introduction des maîtres d’oeuvre du volume, Pierre-Yves Soucy et Olivier Schefer, le lecteur pourra y découvrir, comme à l’accoutumée dans cette belle revue de résistance aux modes et tropismes de l’instantané, une bonne demi-douzaine d’explorations libres de cette forme littéraire, « jeune »encore, diront certains, « déjà datée », affirmeront d’autres. Il n’est que de lire la contribution déroutante et passionnante de Victor Martinez pour se rendre compte que nous n’avons, tout simplement, pas encore sérieusement commencé de méditer la question. Lire la suite »