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Posts Tagged ‘Pascal Quignard’

« Celui qui cherche (en sanskrit shamana, en grec zètès) quitte son épouse, son fils, la cour, la cité, entre dans la forêt des pins et y erre pour l’éternité, dans la frustration perpétuelle de son désir. »

Pascal Quignard

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« Chaque oeuvre véritable repense tout ce qui a parlé, réanime tout ce qui s’est essoufflé, étouffé, refoulé, étranglé et éteint. »

Pascal Quignard

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« Le penseur vit pour le plaisir non seulement d’une recherche sans foi, mais d’une quête sans cause. En ce sens le penseur est le contraire d’un intellectuel. Interrogation pure (sans savoir, sans engagement, sans idéal, sans opinion, sans croyance, sans mission, sans accréditation, sans autorisation, sans gage ni salaire, sans patrie.) »

Pascal Quignard

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« Qu’est-ce qu’on appelle penser? De bello civili interne. Guerre civile intestine. La pensée ne peut s’accommoder de l’exercice d’un pouvoir qui viendrait faire écran à sa curiosité. Cur pur. Pourquoi errant. C’est la faim intellectuelle sans cesse affamée (…).

La pensée ne se distingue pas de la tentative de pensée, c’est-à-dire du voyeurisme sexuel, de la carence, de l’aporie mentale, de la sécession sociale, de la peur excitant le cerveau, du regard animal et vital sur n’importe quelle anomalie qui désordonne le champ. »

Pascal Quignard

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« L’expérience individuelle, l’otium, la recherche intrépide, l’art, l’étude, l’extase, tout ce qui détache de la famille, tout ce qui émancipe du groupe, tout ce qui libère de la parole parlée, est maudit. »

Pascal Quignard

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Fractales

Tout est comme un papyrus déchiré, un fragment : l’espace vide troisième dimension – et ce qui reste d’une éloquence, une force, à faire trembler.

 

Cristina Campo[1]

 

Criez court et vous serez peut-être secourus…

          Georges Henein[2]

I

Mais seulement les atomes, et le vide entre les atomes, affirmait Démocrite.

Ce que nous imaginons constituer une surface plane ou une sphère sans aspérités ni béances, à la lumière physique relève d’une galaxie composée de milliers d’astres et de planètes, séparés par des milliers, des millions, des milliards de kilomètres. Fragments de matière et peut-être de vie, sans lien entre eux sinon le vide cosmique qui les sépare.

Nulle étoile ne scintille sans la nuit.

Le blanc joue avec les phrases qui composent le fragment.

Les phrases sauvent. Les phrases rendent à la vie. (suite…)

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Nous pensons avec des mots qui s’articulent au sein de phrases. Que savons-nous des mots? L’étymologie se meurt. Comment croire à nos phrases?

Affirmer penser sans savoir ce que peuvent et ne peuvent pas les mots est le plus venimeux péché.

Pourquoi, dans notre histoire, a-t-on tant voulu éloigner la parole des sophistes? De quoi avions-nous peur?

Il faut laisser la part maudite de la langue s’exprimer en nous, avec nous, par nous.

Filet de bave sapide, un peu de vérité coule alors parfois de nos lèvres décousues.

 

(Pour Pascal Quignard)

© Christophe Van Rossom, Armes & bagages (à paraître)

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On pense seul. Toujours. Penser excommunie. La pensée est l’acte le plus antisocial qui soit. Socrate est condamné ; Lucrèce se donne la mort. Toute pensée est à la fois dangereuse pour qui l’émet et pour qui la reçoit. Peu se trouvent dans l’un ou l’autre de ces cas. Tout est mis en place aujourd’hui pour que l’on ne pense plus. Le Gros Animal peut dormir tranquille, qui a rendu cet acte obsolète, obscène, immoral, impardonnable. La Société ne pardonne pas à l’asynchrone.

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« L’oeuvre est l’interlocution introuvable de la pensée. Écrire pense. À un certain degré de pensée on ne peut plus distinguer ces verbes mais seulement leur ordre. Penser n’écrit pas. Écrire pense. Écrire trouve ce que  celui qui a écrit ne pourrait penser sans l’oeuvre écrite. »

Pascal Quignard

Mourir de penser

(Dernier royaume, Tome IX)

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« Songez, pour finir, si vous êtes peintre, si vous êtes photographe, si vous êtes cinéaste, combien les fresques de l’antiquité romaine sont géniales : elles évitent à la peinture figurative le problème de l’anecdote. La beauté se tient résolument en réserve du visible, en amont de l’épiphanie. L’anecdote n’est jamais montrée. »

Pascal Quignard,

Sur l’image qui manque à nos jours (2014)

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