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Posts Tagged ‘Pascal Quignard’

« Je n’empiète sur le territoire de personne, – je n’empiète que sur l’aridité du néant! Rien de plus! »

Pascal Quignard

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La nuit sexuelle, de Pascal Quignard, Flammarion, Paris, 2007.


Des cavernes du paléolithique aux salles de cinéma, aujourd’hui, une même pulsion, énigmatique : celle de se rejoindre dans l’obscurité pour contempler des images hallucinatoires, sidérantes.

 

Ce que l’homme cherche à (re)trouver, ainsi, depuis au moins vingt-deux millénaires (Lascaux remonte à -15000 ans avant notre ère au bas mot), c’est la grande passion de Quignard. Dans le silence et l’écart, tel un chasseur des premiers âges, il se met à l’affût de tous les indices. Les images – qui précèdent sans doute le langage articulé (c’est-à-dire les listes, les poèmes, les déclamations, les contes, les récits, les romans), mais qui suivent l’invention de la musique – jouent un rôle clé dans sa démarche. (suite…)

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Dernier royaume I, II & III : Les Ombres errantes, Sur le Jadis & Abîmes, de Pascal Quignard, Grasset, Paris, 2002.

« Celui qui écrit est celui qui cherche à dégager le gage. A désengager le langage. A rompre le dialogue. A désubordonner la domestication. A s’extraire de la fratrie et de la patrie. A délier toute religion », écrit Pascal Quignard dans Les Ombres errantes, qui ouvrent un nouveau et ultime cycle dans son œuvre. Il faut entendre ces mots de façon radicale – comme un programme, ou comme une règle de vie et d’art. S’étant depuis quelques années dégagé entre autres de toute responsabilité éditoriale ou professionnelle, Quignard s’est retiré. Pour s’offir ce luxe suprême d’enfin un repos, dans un coin esseulé, avec des livres. Pour se bâtir l’ermitage athée et lettré dont il rêve. Pour disposer enfin, à l’instar d’un Montaigne, de cette liberté ouverte et incertaine induite par une pensée qui va sans dogme ni chemin là où la lecture ou la réflexion la conduisent. Sans souci d’aboutir. (suite…)

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Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ?

Georges Bataille, Le Bleu du Ciel

Situation de la critique aujourd’hui

Préalablement à toute interrogation interne sur la fonction de la critique aujourd’hui, il paraît indispensable, sauf à progresser, comme on aime à le faire trop souvent, avec cette naïveté qui consiste à imaginer que les choses vont de soi, de soulever une première question : celle de la réalité même de cette activité aux yeux de ce que l’on dira, simplement, un public. Ma réponse pourra sembler brutale, mais je crois, fondamentalement, que la critique aujourd’hui n’existe plus parce qu’il n’y a plus de lecteurs. Certes, des textes critiques se publient encore, et en quantité, et d’une réelle qualité parfois, mais qui les lit ? (suite…)

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Une boîte close que l’on pose au-dessus d’une étagère. On s’adresse à l’enfant, qui a observé la manœuvre. On lui intime de ne pas s’approcher de cette boîte, et on lui interdit de l’ouvrir, car ce qu’elle contient est dangereux. L’enfant promet. Mais, que l’on s’éloigne une heure de la pièce où l’enfant a été laissé seul avec la boîte. Et que l’on observe, discrètement. L’enfant va mettre tout en œuvre pour grimper jusqu’à l’endroit où l’on a déposé la boîte. Il brûle de l’ouvrir pour connaître ce qu’elle contient.

Nitimur in vetitum.

*** (suite…)

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Boutès, de Pascal Quignard, Editions Galilée, Paris, 2008.


La musique est une obsession fondamentale dans l’oeuvre de Pascal Quignard. Les essais contenus dans La leçon de musique ou le volume de petits traités intitulé La haine de la musique en constituent des preuves non moins palpables que celles recelées dans des romans tels Le salon du Wurtemberg, Tous les matins du monde ou, plus récemment, Villa Amalia.

Musicien lui-même issu d’une longue lignée d’organistes, Quignard aurait parfaitement pu orienter sa vie dans une direction qui l’eût plié entièrement aux lois de cet art exigeant, n’était, peut-être, une défiance profonde à l’égard de ses ambiguïtés.

Boutès, que publient les Editions Galilée, apparaîtra aux amateurs de l’auteur d’Albucius comme un ouvrage essentiel car il nous livre ce que l’écrivain lui-même définit comme ses ultimes spéculations sur la musique, ou plus exactement, sur les deux formes de musique qui colorent nos vies. (suite…)

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Le monde est vicieux,

Tu dis ? Tu t’étonnes ?

Vis ! et laisse au feu

L’obscure infortune…

Arthur Rimbaud, Age d’Or

Au nom de qui ou de quoi devrais-je aimer ceux qui se mirent dans l’abîme?

Ceci est rien moins qu’une déclaration d’intention cynique.

Quelques cailloux suffisent pour fonder. (suite…)

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« Le large existe. »

Pascal Quignard

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