« Guérir le pain. Attabler le vin. »
René Char
Posted in Arsenal, tagged Guérison, Hölderlin, pain et vin, René Char, Table on 22 Mai 2019| Leave a Comment »
Posted in Alliés substantiels, Au fil des jours, tagged architecture, athéisme, Émilie Pothion, écriture, élitisme, épicurisme, éthique, éthqiue, bonheur, Christophe Van Rossom, critique littéraire, décès de Jacques Cels, dignité, disponibilité, esthétique, Fenêtre musicale dans une cour, gai savoir, générosité, introspection, Italie, Jacques Cels, Jacques De Decker, Jacques Lemaire, Jardin, Jean-Paul Goux, justesse, Justice, Le Cloître de sable, littérature, loyauté, lucidité, lumière, Michel Vanden Bossche, mort, nouvelliste, ombre, Pieter de Hooch, René Char, romancier, singularité, songe, Théâtre on 10 février 2019| Leave a Comment »

Table ronde réunissant Michel Vanden Bossche, Jean-Paul Goux, Jacques De Decker et Christophe Van Rossom.
Lectures d’Émilie Pothion
« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament. »
René Char
Un écrivain rare autant que singulier nous a quittés voici un an déjà. Lors de ses obsèques, nombre de ses amis et de ses admirateurs étaient là. Michel Vanden Bossche et Jean-Paul Goux ne purent s’exprimer alors. Jacques De Decker rappela la pureté, la rareté et l’originalité de son œuvre, tout en en soulignant la diversité. Comme d’autres orateurs, à l’instar de Jacques Lemaire, il insista sur l’éthique de Cels : sa générosité, sa disponibilité, sa faculté de travailler au service des autres – à commencer par ses élèves, auxquels il aura transmis son gai savoir durant quarante ans. Une éthique de la loyauté, de la dignité et de la justice, qui s’ourlait d’un humour qui n’appartenait qu’à lui, et qui s’enchâssait dans une véritable approche esthétique de tous les aspects de l’existence. Discret, sélectif, Cels était un athée épicurien et rêveur ; il aimait la lumière, celle d’Italie, surtout ; il fut aussi cette écriture bleue, fluide, coulée qui souhaitait embrasser l’épars afin de l’ordonner au sein d’une architecture elle-même pensée à chaque instant – un jardin où l’on se sentît, au moins un instant, à sa place. Un cloître de sable, en somme. Vigilant, capable de s’exprimer ou d’écrire sur les sujets les plus variés, critique, dramaturge, nouvelliste et romancier, Jacques Cels fut avant tout un militant actif du bonheur. Je veux dire d’un bonheur qui chaque jour se bâtit, à proportion du travail que l’on investit dans cette tâche. Un bonheur lucide, donc, averti des ombres qui menacent, et avant tout de celles qui hantent nos êtres propres.
Posted in Macles, tagged Armes & bagages, civilisation, clairvoyance, colère, déconsidération, dieux, divin, folie, fréquences, grégarisme, Hölderlin, indépendance, narcissisme, petitesse, révolte, refus, René Char, sécession, vibration on 17 octobre 2018| Leave a Comment »
Misère de fin de civilisation! Toute forme de contradiction : perçue comme rupture, agression, sécession violente. Refuse-t-on l’assentiment béat, le ronronnement grégaire, et l’on devient l’ennemi. L’homme à discréditer, à humilier, sinon à abattre. Déconsidération des étoiles.
Il y eut, il y a encore, pourtant, des hommes qui marchent et qui parlent. D’immenses miroirs nous les voilent. Leur voix ne traverse plus l’opacité des écrans. Leurs mots sont démonétisés, déformés, martelés afin qu’ils nous deviennent indéchiffrables. Cependant que ces vocables convoquent le divin, la conjuration de gnomes difformes, stupides, et narcissiques se démultiplie, prolifère partout et impose sa loi. Au silence majeur, du bruit est opposé.
Je cherche à m’exprimer, comme à être (c’est-à-dire vibrer), sur d’autres fréquences, que mon écriture cherche. Cherchera jusqu’au bout.
Nous ne cessons de nous irriter avec ostentation pour de misérables motifs, de nous agiter médiatiquement pour des causes spécieuses, mais nous demeurons tristement muets quand il y aurait lieu de laisser éclater sa colère. De ces salubres colères, de ces magnifiques refus qui sauvent les hommes au fil des jours non moins qu’ils les sauvèrent au cours des siècles. – Aujourd’hui, Un hamster galopant sur sa roue témoigne de plus d’indépendance que nous.
La révolte oubliée, toute clairvoyance feue, les hommes ont perdu leur boussole.
Les dieux méprisent la petitesse. Leur retour n’est pas pour demain. Folie de Hölderlin.
Les larmes retournées de René Char sont un pain qui durcit chaque jour.
Qui désormais pour le rompre et le partager?
Qui pour l’empêcher de rancir?
© Christophe Van Rossom, Armes & bagages, à paraître.
Posted in Arsenal, tagged À une sérénité crispée, insignifiance, Poète, René Char, sérénité on 27 septembre 2018| Leave a Comment »
« Le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas. »
René Char,
À une sérénité crispée (1952)
Posted in Macles, tagged Armes & bagages, Charité, fin, Héra, Hypnos, Morphée, mythe, Nyx, Océan, origine, Pasithéa, René Char, Sommeil, Thanatos, Zeus on 7 décembre 2017| Leave a Comment »
Celui qui veille sur la nuit n’a pas de père.
Frère de Thanatos, Hypnos est engendré par Nyx. C’est ainsi que l’orphelin doit demeurer conscience de l’origine et proximité de la fin, nos communes torches.
Le mythe lui prête un pouvoir qui opère sur les dieux autant que sur les mortels. À l’instar d’Océan, Zeus en fera les frais, à deux reprises. Personne n’échappe aux appels de l’envers.
En guise de remerciement pour son aide, Héra le gratifie d’une compagne – une Charité, aux vertus non moins énigmatiques que ses origines. Je cherche encore la clef du nom de Pasithéa. L’Aînée serait-elle la souveraine secrète, universelle, dont nous manquons ?
Pour apaiser l’angoisse causée par les mondes inconnus qu’il suscite et creuse, Hypnos engendre Morphée, le « Bon Sommeil » (comme en Provence on dit le « Bon Dieu »), nous laissant tout de même à penser qu’il en est de mauvais.
Ce n’est pas le moindre des paradoxes de réaliser que, guetteur, le Sommeil ne dort jamais.
(Pour René Char)
© Armes & bagages, à paraître.
Posted in Arsenal, tagged État français, beauté, Feuillets d'Hypnos, Hölderlin, Mnémosyne, Nazisme, Résistance, René Char on 5 octobre 2017| Leave a Comment »
« Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. »
René Char
Posted in Arsenal, tagged René Char on 5 octobre 2017| Leave a Comment »
Posted in Arsenal, tagged Eric Brogniet, René Char on 13 octobre 2013| Leave a Comment »
« Ce qui vient au monde pour ne rien déranger ne mérite ni égard ni patience. »
René Char